Fontfroide, l’Abbaye aux 1500 rosiers

cloitre de l'Abbaye de Fontfroide
Cloitre de l’Abbaye de Fontfroide

Road trip pour l’Abbaye de Fontfroide dans l’Aude :

L’abbaye cistercienne de Fontfroide est située sur la commune de Narbonne, dans le département de l’Aude mais aussi à proximité d’une source d’eau très froide d’où le monastère tire son nom. Construit en grès de la région, dont les ocres varient entre couleurs chaudes et froides, l’édifice se noie dans un écrin de nature entre garigue, falaises et jardins.

Apres avoir abritée une double communauté pendant des siècles, composée de moines et de frères converses, l’abbaye fut transformée en espace culturelle depuis le début du XXe siècle, et accueille des évènements culturels et sportifs, des concerts et des expositions. De plus, l’ancien cimetière transformé en roseraie, a donné naissance à la rose des cisterciens, créée en 1998 pour les 900 ans de l’ordre de Cîteaux.

Aujourd’hui, l’abbaye Sainte-Marie de Fontfroide est classée Monument Historique ainsi que Jardin Remarquable et je vous propose une balade entre histoire de l’abbaye cistercienne, œuvres d’art contemporaines, découverte de jardins de senteurs et balade dans la garrigue.

L’Histoire de l’Abbaye de Fontfroide :

En 1093, le vicomte de Narbonne laissa les moines Bénédictins s’installer sur ses terres de Fontfroide, puis arrivèrent les moines Cisterciens de l’Abbaye de Sénanque, au XIIe siècle.

Puis, débuta une cohabitation entre les moines cisterciens consacrés à la prière et les frères converses, qui sans êtres des religieux, suivaient les rites mais travaillaient aux champs. Ces deux communautés, vivaient ensemble, mais séparément au sein du monastère et à l’apogée de l’abbaye de Fontfroide, on dénombrait une centaine de moines pour le double de frères convers. L’architecture s’adapta à la vie de cette double communauté, leur permettant de vivre dans le même lieu mais sans toutefois s’y croiser. 

Apres avoir combattu contre le catharisme, les moines furent dispersés lors de la Révolution en 1791, puis en des 1848, des cisterciens reviennent depuis l’abbaye de Sénanque et ils furent de nouveau chassés au début du XXe siècle.

C’est alors que le collectionneur Gustav Fayet rachète l’abbaye en 1908, la rénove et la transforme en un lieu artistique.

Visite de l’Abbaye de Fontfroide et des jardins :

Je passe par l’accueil et règle 12,50€, en octobre 2021, pour accéder au site afin de rejoindre l’entrée de l’Abbaye et je découvre le Char d’apollon, cette œuvre d’art en terre cuite, du XIXe siècle qui a été complètement restaurée et qui est exposée avant l’entrée de l’abbaye.

J’entre dans la cour d’honneur, avec sur la gauche l’ancien dortoir qui a été réaménagé entre le XVI et XVIIe siècle et dont je remarque les fenêtres renaissances de la partie hostellerie.

Sur la droite, se trouve la chapelle des étrangers, avec une source en dessous, et c’est la partie la plus ancienne du monastère qui date du XIe siècle. Cette chapelle était destinée aux moines de passage.

Je continue vers les jardins de l’abbaye. La roseraie est un jardin de senteur avec plus de 1500 rosiers de 16 variétés différentes, dont la rose des cisterciens. Je continue ma découverte en prenant de la hauteur par les jardins en terrasses avec une partie réservée aux plantes odorantes, une autre pour le jardin des abeilles, le jardin médiéval, le bassin d’eau avec des plantes aquatiques et le jardin des sorcières pour les plantes toxiques ou aux propriétés hallucinogènes. D’ici, la vue sur l’abbatiale est magnifique et il est temps que je descende la découvrir.

J’entre dans le monastère par la porte romane, qui était l’unique entrée au Moyen Age. Elle donne directement accès au cellier qui servait pour la conservation des récoltes et de la nourriture dans la fraicheur du lieu. La proximité avec l’entrée, permettait aux frères converses de déposer les marchandises sans avoir à traverser le monastère et d’ici, un escalier mène directement au dortoir des converses. Sur le côté, la ruelle des convers, leur permettait de circuler en parallèle des moines, pour accéder du cellier au dortoir ou au réfectoire mais aussi à l’église par le fond de la nef afin de ne pas déranger les moines.

J’arrive dans le réfectoire des convers avec une grande cheminée, il date du XIIe siècle et pouvait accueillir plus de 200 personnes. La cheminée était décorative car seules la forge, la boulangerie, le scriptorium et l’infirmerie étaient chauffées à l’époque.

Du réfectoire, je rejoins la cour de travail, ou cour Louis XIV qui abrite quelques vieux arbousiers dont les fruits mûrs appellent à la dégustation. La cour abritait la forge, la menuiserie et la boulangerie et un puit central permettait de les fournir en eau. Au centre, une sculpture moderne anime l’espace, c’est l’immortel, et c’est l’artiste congolais Freddy Tsimba qui réalisa cette œuvre lors de son séjour à l’abbaye en 2020.

Je repars vers le cloitre, qui au cœur du monastère, permet de circuler et c’est aussi le cœur spirituel et un lieu de méditation, de lecture et de promenade. Ce magnifique cloitre date du XIIe siècle et fut remanié au XIIIe siècle avec la couverture reposant sur des voutes sur croisée d’ogives. Les colonnettes de marbres colorés datent de la période romane, elles sont surmontées d’un haut tympan ouvert d’oculi.

Le cloitre donne accès à la salle capitulaire ou la salle du chapitre, lieu de lecture et de rassemblement quotidien pour les moines.

Et me voici dans l’église abbatiale avec une voute en berceau brisée, elle est très épurée typique de l’architecture cistercienne, car cet ordre prônait la simplicité et la pauvreté, mais l’église fut égayée par des vitraux au XXe siècle. Ce lieu est aussi une salle de spectacle et un concert est en préparation, lors de mon passage.

Je poursuis pour rejoindre le dortoir où les moines dormaient tout habillés sur de simple paillasse, avec des cloisons de bois pour les séparer, autrefois il était trois fois plus long et une partie a été transformée en cellules individuelles.

Le fond de cette salle donne sur un grand escalier qui descend au cloitre et au cellier. Cet escalier est absolument remarquable et la couleur du grès lui donne une lumière incroyable.

Balade sur les hauteurs de l’Abbaye de Fontfroide :

Je sors alors du monastère pour partir en balade sur les hauteurs jusqu’à la grande croix. Le sentier de la croix mène tout d’abord à la tour en ruine, puis à la croix, en environ 1h de marche aller/retour. La croix de métal fut élevée en 1958, pour remplacer la croix des cisterciens en bois qui était détruite.

Je vous recommande cette belle après-midi au calme dans ce lieu unique entre la beauté du site, le silence du cloitre et le parfum des jardins, une journée de voyage dans l’histoire, dans la méditation et de recueillement.

Les Grandes Abbayes du Sud de la France :

Si la visite d’autres monastères vous intéresse, venez découvrir l’Abbaye de Sénanque en Provence, Saint Guilhem le Désert dans le département de l’Hérault, Saint Antoine l’Abbaye en Isere, ou l‘Abbaye de Ganagobie dans les Alpes de Hautes-Provence.

En road trip dans la région de Narbonne et de l’Abbaye de Fontfroide :

N’hésitez pas à venir découvrir la région et ses environs avec la visite de la ville de Narbonne, passer une journée autour des plages de Gruissan ou randonner dans le massif de La Clape, découvrir la station balnéaire de Leucate et plus au Nord, visiter la Camargue avec la ville de Aigues-Mortes ou la Réserve ornithologique du Pont de Gau et les Saintes Maries de la Mer  ou Le Grau du Roi et une balade autour de Fonquevaux et visiter l’Abbaye de Saint Gilles.

Merci pour la lecture de mon blog ! Texte et photos ©COQ Catherine

l'Abbaye de Fontfroide vue depuis la grande Croix
l’abbaye de Fontfroide, depuis la Croix

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