BRIANÇON – La vieille ville et les fortifications classés à l’UNESCO.

Briancon, la grande Gargouille

Sous-préfecture des Hautes-Alpes, plus haut département de France avec un tiers de sa superficie au-dessus de 2.000 mètres, la ville de Briançon s’est développée au carrefour de 5 vallées entre le Parc Régional du Queyras et le Parc National des Ecrins avec ses nombreux sommets de plus de 4.000 mètres. Située à 1326 mètres d’altitude, Briançon est la plus haute ville d’Europe.

La citée se développera au carrefour des différentes vallées reliant Grenoble, la Savoie, la Provence et l’Italie par le col de Montgenèvre qui est très parcouru depuis l’Antiquité. Cette position stratégique ainsi que les invasions et les conflits frontaliers, vont inciter la citée à se fortifier depuis l’antiquité et tout le long de l’histoire. Les plus grands travaux se feront sous Louis XIV avec la fortification de la vieille ville selon les plans de Vauban, puis tout au long du XIX et du XXe siècles avec la création de la ligne Maginot et les fortifications d’Altitude. En effet, tous les sommets entourant la ville, possèdent une forteresse et tout cet ensemble a très peu servie, ce qui permit un classement à l’UNESCO pour la ville et ses fortifications de montagne.

De tout temps, les longs mois d’hiver ont incité les hommes de ces montagnes à voyager et à commercer avec les basses vallées et des régions plus lointaine comme la Provence ou le piémont, on les nomme les colporteurs. Ils favoriseront les échanges commerciaux et culturels et permettront la survie de ces régions où il n’y avait pas d’activité agricole pendant les longs mois d’hiver. L’influence Italienne se retrouve aussi bien dans l’architecture des maison hautes de la vieille ville avec des façades colorées ornées de nombreux cadrans solaires, œuvres d‘artistes venant aussi bien d’Italie que de France.

Enclavée dans les montagnes, cette région restera à l’écart de l’industrialisation, malgré son passé minier (mais avec de nombreuses difficultés pour l’exploitations) et ce sera l’arrivée du chemin de fer en 1884, puis le développement des stations de ski et l’aménagement des espaces naturels aux sports de plein air qui permettront de ralentir l’exode rurale ainsi que le développement de la région en tant que station thermale bénéficiant d’un climat et d’un ensoleillement exceptionnel.

Le paysage unique de cet écrin de verdure, a aujourd’hui pour principale économie le tourisme et je vous invite à une visite de la ville haute, et de ses fortifications de Vauban.

Dès le moyen Age et de par son isolement en montagne, la région fait partie du royaume du Dauphiné et sera rattaché à la France en 1349. Cette région très enclavée des Alpes, avait une certaine liberté et autonomie commerciale avec la Chartre des Escartons et qu’elle conservera même après son rattachement à la France. Puis en 1713 la frontière avec le Duché de Savoie sera aux portes de la ville et Briançon devient alors place forte militaire.

En 1693 Louis XIV veut verrouiller le haut Dauphiné et donne l’ordre à Vauban d’adapter les nouveaux principes de fortification au relief des montagnes ainsi qu’une ceinture de forts sur les hauteurs dominant la ville. Le défi sera relevé, et les fortifications (avec le Fort Dauphin – Les Salettes-, le Fort des Têtes, les forts du Randouillet et d’Anjou) resteront au gout du jour jusqu’en 1858, puis l’apparition de l’artillerie rayée entrainera la construction des forts à plus de 2000 mètres d’altitude. Par la suite, la ligne Maginot complètera cette couronne avec les forts du Janus et de Gondran à plus de 2500 mètres d’altitude, alors que le Granon et la Buffere resteront inachevés.

Située sur un verrou glaciaire, la ville s’est développée autour d’un piton rocheux avec un château au sommet et se compose de 2 ruelles principales, la petite et la grande gargouille, avec deux rigoles d’eau qui coulent dans chacune d’elle, pour permettre à la ville une alimentation en eau en cas d’incendie. Les façades de la ville sont colorées, influence de la Provence et l’on retrouve les cours intérieures des palais à l’italienne. De nombreux cadrans solaires ornent les maisons et églises réalisés par les plus grands maitres venant d’Italie.

La collégiale de type baroque, est perchée au bord du bastion car Vauban avait bien imaginé que personne n’oserait attaquer cet imposant édifice religieux et elle fait donc partie intégrante de la défense de la ville. A l’intérieur beaucoup de décors en trompe l’œil, mais aussi une peinture représentant Saint Nicolas avec l’ancienne église qui était à l’extérieur de l’enceinte et fut donc détruite pour que l’ennemi ne puisse pas s’y protéger et dont il ne reste les lions Stylophores en granite rose de la région.

Je vous invite à découvrir ce magnifique patrimoine fortifié, aussi bien en hiver sous la neige, que tout le reste de l’année où il vous sera alors possible de randonner à la découverte des nombreuses fortifications qui dominent la ville et n’hésitez pas à faire une halte à la maison du patrimoine, située Porte de Pignerol où des guides vous proposent des visites thématiques de la région.

Merci Mireille pour cette belle visite!

Texte et photos © COQ Catherine

2 commentaires sur “BRIANÇON – La vieille ville et les fortifications classés à l’UNESCO.

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