Rando historique entre la France et l’Italie, le Chaberton dans les Hautes-Alpes.

Vue sur le Chaberton et Montgenèvre

Le Mont Chaberton est situé sur la commune de Montgenèvre dans les Hautes Alpes, à cheval entre la France et l’Italie. Il domine la vallée de Briançon et son sommet abrite les ruines d’un fort militaire à 3131 mètres d’altitude, ce qui lui vaut le surnom de cuirassé des nuages !

Le fort Chaberton et son monument en mémoire des italiens

Ce sommet qui était Italien jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, nous fait entrevoir la folie des hommes qui par temps de guerre, sont capable d’imaginer l’édification, et à une telle altitude, d’une construction aussi massive et titanesque que l’on surnommait le fort des nuages.

Le Chaberton offre un panorama exceptionnel sur 380 degrés et je vous propose de découvrir cette incroyable randonnée d’environ 15 kilomètres pour 1379 mètres de dénivelé et 7h30 en aller-retour sans les pauses.

L’Histoire du Chaberton : La construction de cet ensemble fortifié débuta en 1898, lorsque cette montagne était encore italienne et les travaux furent terminés en 1910. Le sommet fut descendu de 6 mètres afin d’élever 8 tours de 12 mètres de haut. Ce cuirassé des nuages faisait l’orgueil des militaires italiens et il était réputé comme le plus haut et l’un des plus puissant fort du monde à cette époque. Théoriquement, il avait une longueur de tir de 18km, c’est-à-dire jusqu’à la gare de Briançon. Il faisait partie de la ligne défensive de l’Italie, la « Vallo Alpino Occidentale » et sa devise était : « Quand le Chaberton grondera, la France tombera ».

Ce fort servi en 1940 afin de détruire les fortifications côté français, tels les forts du Janus, de Gondran, de l’Infernet et le fort des Trois-Têtes. Alors qu’il pilonnait la France, Le Chaberton était protégé par les nuages ce qui le rendait invisible… mais une stratégie de tir fut mise en place et les français réussirent à détruire 6 des 8 tours du fort en installant des mortiers à l’Eyrette et au Poet-Morand qui étaient hors de vue du Chaberton. Apres la Seconde Guerre mondiale, la frontière fut déplacée et le sommet du Chaberton revient à la France.

En 1957, les coupoles métalliques furent descendues dans la vallée et il ne reste aujourd’hui que les maçonneries ainsi que les ouvrages souterrains. Depuis le 4 février 2021, le Fort Chaberton est inscrit au titre des Monuments Historiques. On peut donc visiter les ruines du fort, mais une grande partie est souterraine et la sécurité du site n’est pas garantie !

C’est donc à pied que l’on peut découvrir ce fort et la randonnée débute juste à la sortie de Montgenèvre, au parking des camping-car avant la frontière Italienne et en direction du village du Soleil, à 1880 mètres d’altitude.

Tôt le matin, je remonte le vallon de Braisse, rive droite du Rio Secco jusqu’au la bergerie et le verrou glaciaire qui est le premier raidillon de la journée. L’ambiance est méditerranéenne avec de nombreux œillets poètes dans les champs. Les plissements géologiques de ce haut sommet de dessinent avec le lever du soleil.

Je continue par les pelouses alpines du vallon de la Baisse (2137 mètres), qui sont couverte de fleurs, avec des lys de la Saint Bruno, des nigritelles roses, des orchis globuleux…Jusqu’au au télésiège du rocher rouge et la gravière du Rio Secco.

Je traverse le Rio Secco et je monte vers la droite pour le col du Chaberton. C’est le début de la longue montée, dans des pierriers et je débute par une pause aux ruines du lieu-dit des sept fontaines afin d’admirer quelques campanules alpestris et plus haut des globulaires et des chenettes. La pente se fait plus forte et restera soutenue jusqu’au sommet 900 mètres plus haut.

Avant d’arrivée au col du Chaberton (2690 mètres), je commence à voir le sommet avec ses tourelles qui se dessinent sur le ciel. Un vent glacial et violent me rappelle que je suis en haute montagne, et c’est à partir d’ici que nous sommes dans un environnement de survie. Le chemin montant du versant italien rejoint le col pour ne former qu’un seul et unique accès pour le sommet 450 mètres de dénivelé plus haut. En face le col des morts abrite lui aussi une fortification. Les nuages sont de plus en plus nombreux et les sommets du massif des Ecrins disparaissent.

Les restes de l’occupation de l’homme, dans cet environnement de haute montagne, se résument par quelques ruines et barbelés disséminés tout le long de la montée dans cet immense perrier. Çà et là, quelques fleurs alpines survivent en poussant en colonie serrées ou en forme de coussinet afin de se protéger du froid et de la sécheresse et il est impératif de ne pas détruire ces structures en y plantant nos battons de randonnée !

Il reste quelques névés qui rendent le chemin un peu plus exposé en cas de chutes, ce qu’il faut absolument éviter dans ces pierriers car les pentes sont parsemées de barrières en fils barbelés… Plus bas on découvre la vallée de Briançon et vers le haut, l’ensemble des tourelles se dessinent dans le ciel. A plus de 3000 mètres, je découvre quelques renoncules des glaciers avant d’arriver aux ruines des bâtiments d’intendance et des casernements.

Après 4h de montée, j’arrive enfin au sommet (3131 mètres), et je découvre une grande plateforme rocailleuse car le sommet fut rasé afin d’édifier cette fortification très particulière, avec ses 8 tours qui abritaient les canons tournés vers la France, afin de défendre le passage du col de Montgenèvre. La vue est époustouflante, l’ensemble de la fortification est démentiel, quel travail titanesque et combien d’hommes ont perdu la vie afin de construire puis de défendre ce lieu où l’homme ne peut survivre !

 Voici le panorama depuis le sommet, avec au Nord la Vanoise, le grand Paradis, Le mont blanc, à l’Ouest le massif des Ecrins, à l’Est l’Italie et la visibilité s’étend jusqu’au Mont Viso au Sud. À mes pieds, je survole les grandes vallées qui descendent vers le sud avec celle de la Durance et la valle de Oulx pour Turin. Ce sommet isolé résulte de la rencontre géologique de 2 ensembles différents, donnant de magnifiques plissements qui ont été par la suite rabotés par les glaciers. C’est la rencontre des massifs calcaire et des schistes et micaschistes. Ce sommet nous raconte toute la formation géologique des Alpes en un regard.

Apres le sommet, je redescends afin de découvrir le fort avec ses galeries remplie de neige en juillet, je ne veux pas m’aventurer davantage dans les entrailles du monstre…. Et je ne peux que me recueillir au petit monument aux morts à la mémoire des militaires italiens.

Je descends par le même chemin et fais une halte avec une argentine avec qui nous échangeons sur le monde d’aujourd’hui… Ce lieu chargé d’histoire est parcouru par des sportifs de toutes les nationalités et l’on ne peut pas ignorer la puissance historique du lieu.

Alors pour ceux qui désirent s’imprégner d’histoire dans un lieu insolite, ce paysage se mérite !

Venez passer quelques jours dans le sud du département des Hautes-Alpes pour découvrir la région avec la ville de Briançon et son fort Vauban, faire une rando au fort de l’Infernet, au fort du Janus, ou partir pour la découverte des 5 lacs dans le massif des Cerces ou au Pic de Rochebrune et passer un Week end dans le sud du département avec les randonnées pour le sommet du Pic du MorgonLe Serre du Mouton, ou visiter la forteresse de Mont Dauphin et découvrir la ville de Embrun.

Merci pour la lecture de mon blog ! Texte et photos ©COQ Catherine

au sommet du Chaberton

6 commentaires sur “Rando historique entre la France et l’Italie, le Chaberton dans les Hautes-Alpes.

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