Rando, histoire et architecture militaire : le fort de l’infernet dans les Hautes Alpes

fort de l’infernet

Le fort de l’Infernet est situé sur la commune de Montgenèvre et domine la ville de Briançon au nord de la région Provence-Alpes-Côte-D’azur. Il fut élevé, au XIXe siècle à 2377 mètres d’altitude, afin de fermer la frontière avec l’Italie, protégeant ainsi la cité fortifiée de Briançon, avec ses accès par les vallées de la Durance, de Névache et par le col de l’Izoard, ainsi que sur les fortifications du Gondran. Sa situation stratégique le mettra au cœur des combats face au fort de Chaberton lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Son nom vient de Infernet : petit enfer, car la foudre y tombe très souvent !

L’Infernet nous offre un magnifique belvédère et son accès est possible à pied ou en VTT, avec à l’arrivée, la visite libre d’une fortification et de tous ses équipements, nous permettant ainsi, d’imaginer la vie sur ces hauts lieux isolés.…

Je vous propose de partager cette randonnée de 14 kilomètres, sur 1000 mètres de dénivelé et environ 6h30 de marche sans les pauses, en aller/retour.

Pour la petite histoire d’un grand fort :

Cet ouvrage fortifié d’infanterie fut construit entre 1876 et 1878, car les fortifications élevées sous Vauban ne répondaient plus à l’évolution de l’artillerie du XIXe siècle et il fut l’un des piliers du système défensif mis en place par le général Séré de Rivières dans la région. Ce fort sera par la suite intégré dans la ligne défensive de Maginot. Il pouvait accueillir 210 hommes pour 16 pièces d’artillerie (12 canons, 4 mortiers).

Les 21 et 23 juin 1940 resteront dans les mémoires comme l’heure de gloire du fort, lors de la destruction du fort de Chaberton. Des mortiers Schneider furent installés sur le versant Sud du fort et de neutraliseront 6 des 8 tourelles du fort de Chaberton qui tirait alors sur Briançon et pour cela, la trajectoire des tirs fut ajustée depuis le fort du Poët-Morand.

L’éloignement du fort et l’altitude ont découragé les récupérateurs de métaux, et on peut découvrir de nombreuses pièces métalliques, lits, portes crochets, et même le grand fourneau de la cuisine

Le remarquable ensemble de fortifications autour de Briançon fut classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 afin de préserver l’ensemble des forts avec leur architecture typiquement stratégique et militaire.

La randonnée :

Pour cela, je me rends au-dessus de Font Christiane et laisse ma voiture au parking du stand de tir au-dessus du Fort des Têtes dominant la cité Vauban de Briançon.

Je débute la rando par la piste de la forêt afin de rejoindre l’ancien fort d’Anjou à 1690 mètres d’altitude, par une piste empierrée, bordée de lavandes et autres fleurs méditerranéennes. Arrivée au fort d’Anjou, j’en fais le tour afin de profiter de la vue sous la lumière du matin. Ce fort est privé aujourd’hui et il domine le fort de Randouillet qui lui-même commande le fort des Têtes, la communication en Y et Briançon.

Je continue la montée par une belle piste dans la forêt avec de nombreuses épingles et qui reste à l’ombre le matin. La seconde halte, est aux batteries de Seyte, à 2088 mètres d’altitude. Je découvre le reste du téléphérique, les casernements des garnisons avec un lavoir en plein air. Un peu plus haut, la caserne des officiers, datant de 1910, avec une architecture plus soignée et des latrines intérieures au bâtiment. En face, une citerne pour la récupération des eaux de pluie, afin de survivre en autonomie sur ces hauteurs. Çà et là, du reste de mobilier métallique, avec des lits et accessoires de rangement.

Puis un peu plus haut, je découvre la grande poudrière, avec ses galeries creusées dans la falaise de Seyte et une enceinte défensive avec deux grands portails métalliques.

Je poursuis la montée dans des pierriers et je commence à apercevoir le fort au sommet et j’alterne d’un versant à l’autre, de la vue sur le Chaberton et la vallée de Névache à la vue sur le sommet de Rochebrune au-dessus du col de l’Izoard.

J’arrive enfin au fort de l’Infernet, et je prends le temps de visiter cet extraordinaire ensemble au centre d’un panorama unique. A l’entrée, des pierres ont été gravées par les soldats qui patientaient….

De forme hexagonale il est construit sur plusieurs niveau en s’adaptant au terrain tout en occupant le sommet. Une fois passé l’entrée et son pont amovible, je découvre des galeries pouvant abriter l’artillerie, puis au-dessus, un magasin à poudre.

Encore plus haut, la plateforme sommitale abrite les casernements avec une grande cour avec une citerne et un système de pompage sur le flanc Sud.

Et quelle surprise lorsque je découvre la boulangerie avec son grand four à bois et le fourneau en fonte, qui est un modèle François Vaillant avec sa grande cuve métallique !

En versant Nord, j’aperçois une fausse braie double, de 800 mètres de long, qui se nommait : le mur de Serre des Armes et il reste encore les fixations de l’artillerie.

Le côté Ouest, est lui, dominé par le téléphérique qui fonctionnait avec une traction muletière. La montée se faisait avec un premier tronçon depuis le fort du Randouillet jusqu’aux Batteries de Seyte, d’où partait le second tronçon pour le sommet. Certaines parties sont presque intacts, notamment en partie basse. Construit entre 1890 et 1900, il permettait de ravitailler en nourriture et en armement, les forts de l’Infernet, du Gondran et du Janus.

Apres un pic nic panoramique, je descends par le même chemin, tout en profitant de la vue, sur de nombreux papillons qui butinent au soleil avec entre autres des apollons puis j’ai un dernier aperçu sur le fort de Randouillet et son téléphérique.

Cette randonnée est aussi un voyage dans le temps et dans l’histoire et je vous la conseille vivement avant que ce patrimoine soit pillé ! Alors pour ceux qui désirent s’imprégner d’histoire dans un lieu insolite, ce paysage se mérite !

Venez passer quelques jours dans le sud du département des Hautes-Alpes pour découvrir la région avec la ville de Briançon et son fort Vauban, le fort de Chaberton à la frontière italienne, le fort du Janus sur la ligne Maginot, le fort de la Lausette, le Pic de Rochebrune ou passer un Week end dans le sud du département avec les randonnées pour le sommet du Pic du MorgonLe Serre du Mouton, ou visiter la forteresse de Mont Dauphin et découvrir la ville de Embrun.

fort de l’Infernet

Merci pour la lecture de mon blog ! Texte et photos ©COQ Catherine

panorama sur la vieille ville de Briançon et le Fort des Têtes

6 commentaires sur “Rando, histoire et architecture militaire : le fort de l’infernet dans les Hautes Alpes

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