Randonnée à l’Assaut du Fort Boyard des montagnes, le Fort de Lenlon et le Fort de l’Olive

fort de Lenlon

Les forts de Lenlon et de l’Olive sont des ouvrages fortifiés du XIXe siècle, dit fort Séré de Rivières, ils sont situés dans les Hautes-Alpes, au sud de la commune de Névache dans la vallée de la Clarée, et au-dessus de Plampinet. Ils furent construits afin de défendre les accès depuis l’Italie, par les cols de l’Echelle et des Acles, sur la ville de Briançon et ils fonctionnent aussi avec les positions au col du Granon à l’arrière.

Implanté sur un replat rocheux le long du ravin du Creuzet et à 2239 mètres d’altitude, l’ouvrage du fort de l’Olive est un ensemble couvrant une superficie de 2,5 hectares. Il est dominé par le petit ouvrage d’infanterie de Lenlon, à 2508 mètres d’altitude que l’on le surnomme, de par sa forme : « Le Fort Boyard des montagnes ».

fort de l’Olive

Je vous propose de découvrir ces 2 forts par une rando à la journée, au départ de Plampinet. Ce tour de 13 kilomètres environ, pour 1050 mètres de dénivelé et environ 6 heures de marche, nous permet de découvrir tout un ensemble de constructions qui a servi à la défense de Briançon, lors de la Seconde Guerre Mondiale.

La randonnée : et comme à mon habitude, c’est tôt le matin que je me rends à Plampinet, situé à 1482 mètres d’altitude, dans la vallée de Névache, je me gare sur le parking à la sortie du village.Je débute sur le sentier qui passe derrière le cimetière et je continue sur le GR5 en direction du col du Granon et du Fort de l’Olive.

Ce chemin se dirige vers le nord et le carrefour des Savoyes, je prends à Gauche et continue dans cette forêt qui a une énergie incroyable. Puis ce sentier se transforme en montée raide dans la forêt avec une succession de lacet… attention aux genoux et à la montée et à la descente !

 Puis je traverse une clairière et rejoints un pierrier remarquable qui offre un point de vue d’un côté sur le fort au-dessus de moi et de l’autre directement sur le village de Plampinet qui est tout en bas.

À 2117 mètres d’attitude, j’arrive enfin à un premier mur d’enceinte avec une porte qui permet de pénétrer dans l’espace bas de la fortification, avec une redoute pour sa défense. C’est le premier obstacle du barrage défensif de l’Olive, qui lui, est encore bien au-dessus de moi.

Je continue sur une ancienne piste empierrée qui permet de rejoindre le col du Granon, la pente est donc moins raide. Puis je prends la sente de droite qui coupe le lacet et monte directement au Fort de l’Olive à 2239 mètres d’altitude.

Le fort de l’Olive fut construit entre 1881 et 1883 afin de défendre la frontière avec l’Italie qui était plus proche à cette période. Cet ouvrage fortifié est de grande taille, avec un long mur d’enceinte et un chemin de ronde sur les côtés Nord et Est et le fort était prévu pour abriter 140 hommes.

Un fois passée le pont dormant et le système défensif de l’entrée, je découvre les casernements sur la droite avec tous les équipements nécessaires pour tenir un siège, avec les chambres des officiers, les dortoirs des troupes, les cuisines et four à pain, les latrines et les magasins de stockage. Mais cette partie ayant subi des bombardements, je n’ai pas osé m’aventurer partout !

Puis je continue pour j’arrive au cœur d’une grande cour et je découvre, les latrines au bord du vide, le lavoir et des poudrières qui sont déjà enterrées. Plus loin des galeries me permettent de rejoindre un téléphérique qui était utilisé pour le ravitaillement et qui fonctionnait avec une traction animale depuis Plampinet

En 1930, cet ensemble fut complété par 2 casemates pour le moderniser, et il abritait alors 14 pièces d’artilleries de 120mm. En juin 1940, le fort reçu une quarantaine d’obus tirés depuis les batteries italiennes du Chaberton et on peut toujours en voir les traces que ce soit sur l’ensemble du fort et plus haut lorsque l’on rejoint le fort de Lenlon.

 Par la suite il deviendra un champ de manœuvre pour le 159 RIA et le Centre national d’aguerrissement en montagne, et en 2011, il sera cédé à la commune de Nevache, avec l’ouvrage des Rochilles.

Depuis la cour du fort, j’aperçois déjà le fort de Lenlon, et je reprends la montée afin de rejoindre la cabane télégraphique qui est au-dessus du fort. Cette baraque de télégraphie optique permettait de communiquer directement avec le poste des Acles à l’aide de signaux lumineux. Plus haut, certains baraquements ont été soufflés et les traces d’obus sont énormes, signe que les combats ont été violent et avec des mortiers de grosses tailles. J’imagine alors le bruit des combats raisonnant dans ces hautes montagnes.

Je continue sur la piste avec de larges lacets pour rejoindre les alpages avant d’atteindre le fort de Lenlon. Cet ouvrage d’infanterie date de 1893 et il était prévu pour 80 hommes. Sa situation lui permet de soutenir le fort de l’Olive et d’éviter que des troupes ennemies s’installent sur ces hauteurs. Il abrite une cuisine avec un fourneau, 2 chambrées pour les troupes et une chambre pour les officiers, de latrine, d’une citerne et il dispose d’une source à proximité.

Il n’est pas possible d’entrer dans cette forteresse aujourd’hui, mais juste d’en faire le tour et de visiter les annexes du fort où se trouvaient les casernements de la position de Lenlon, avec la boulangerie et la source (en direction du col du Granon). Voici le panorama depuis le fort du Lenlon sur tout le Briançonnais et la vallée de la Clarée.

Je suis redescendue par le même chemin, mais il est possible de faire une traversée sur le col du Granon, visible depuis cette position.

Voici un magnifique ensemble qui nous retrace l’histoire des fortifications du XIXe siècle, auxquels sont ajoutées les modernisations pour intégrer la Ligne Maginot. De plus, les traces des mortiers nous laissent imaginer la violence des combats.

Venez passer quelques jours dans le sud du département des Hautes-Alpes pour découvrir en randonnées le fort de la Croix de Bretagne et la Grande Maye, le fort du Janus, le fort de l’Infernet, Le Chaberton ou pour les lacs de Cristol et de l’Oule ou le Pic de Rochebrune, et afin de visiter la région avec la ville de Briançon, Fort Queyras ou la forteresse de Mont Dauphin et découvrir la ville de Embrun.

Merci pour la lecture de mon blog ! Texte et photos ©COQ Catherine

Le fort de Lenlon et l’impact d’un tir de mortier

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