Isère – Saint Antoine l’Abbaye, église de pèlerinage sur les routes de Saint Jacques de Compostelle.

Saint Antoine l’Abbaye dominant son village

Saint Antoine l’Abbaye, seul village de l’Isère à être classé comme l’un de plus beaux villages de France, est aussi une étape sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Classée monument historique en 1840 par Prosper Mérimée, cette Abbaye avec ses bâtiments conventuels et hospitaliers, domine un petit village moyenâgeux et c’est un ensemble gothique unique et de toute beauté qui vous émerveillera aux détours des routes. Elle a accueilli de nombreux pèlerins et malades au cours de son histoire et l’on peut toujours venir y faire une retraite ou une étape sur les chemins menant vers la Drôme mais aussi pour apaiser notre âme intérieure.

Le village de Saint Antoine l’Abbaye

Dès le XIe siècle les Bénédictins élèveront une église en ce lieux pour accueillir les reliques de Saint Antoine, arrivées de Terre Sainte et au XIIIe siècle, on bâtira une maison de l’aumône pour les Hospitaliers afin d’accueillir des malades de la lèpre et de la peste bubonique. Cette Abbaye est le berceau de l’ordre des hospitaliers qui rayonna sur l’Europe pendant plus de sept siècles.

L’abbatiale de Saint Antoine accueillera donc aussi bien des malades que les pèlerins sur le Chemin menant au Puy et permettant de gagner Compostelle. Au XVe, ces derniers permettent d’assurer de bonnes rentrées financières, que ce soit des voyageurs de proximité ou ceux parti pour un pèlerinage de longue durée.

Au XVI e siècles, les guerres de religions et des querelles internes favoriseront le désordre et le pillage du lieux et c’est au XVIIe siècle que de grandes rénovations seront entreprises dans l’église et débutera aussi la construction de la maison Abbatiale qui était la demeure des abbés et de ses conseillers et on y accède par un portail monumental.

Par la suite, c’est la révolution française qui fermera définitivement cet hôpital religieux, puis l’ensemble des bâtiments seront vendus comme biens nationaux. Aujourd’hui, une partie est toujours consacré à l’accueil des pèlerins et la « Communauté de l’Arche » occupe l’ancien Professoire de l’Abbaye.

L’Abbaye est l’un des plus remarquable édifice gothique de la région du Dauphiné et cette église de pèlerinage n’est pas seulement un lieu spirituel mais c’est aussi un lieu d’accueil et d’échanges entre tous les chrétiens. Le pèlerinage permettait d’affirmer sa foi, d’obtenir la grâce divine et le pardon des péchés ou d’implorer la guérison et il s’effectuait surtout vers des lieux sacrés comme la Terre Sainte ou Saint Jacques de Compostelle. Les églises de pèlerinage étaient donc aménagées pour recevoir de nombreux pèlerins, avec une haute nef, une multiplication des chapelles latérales et elles sont plutôt vaste pour pouvoir accueillir de grandes cérémonies avec de nombreux pèlerins. C’est donc une église de 62 mètres de long, 32 mètres de large pour 22 mètres de hauteurs et avec 17 chapelles latérales, qui nous accueille et qui a quelque chose à nous dire….

Sa grande façade est de type gothique flamboyant, avec 3 portails et des ornements composés de groupements de Triskeles, ce qui est unique en Europe.

A l’intérieure, on trouve des restes des fresques datant du XIVe, XVe et XVIIe siècle, avec une scène de crucifixion, des scènes de la vie de Saint Antoine et de nombreuses fresques martelées. Sur la tribune, côté façade occidentale, Le grand orgue date du XVIIe siècle et a été déplacé, puis replacé dans l’Abbaye et restauré en 1981. Le trésor de l’Abbaye, se compose de tableaux, de reliques de plus de 80 Saints et de reliquaires, du mobilier, des tapisseries et des livres liturgiques.

Lorsque l’on sort par la porte latérale, on découvre la grande cour avec ses allées d’arbres le long des bâtiments conventuels avec leur façade classique et qui ont été construit au XVIIe siècle. On y trouve l’infirmerie, le réfectoire, le bâtiment des étrangers, les dortoirs et de l’autre côté, les écuries. Cette cour cloitre se termine par la Porterie de l’Abbaye qui marquait la frontière entre le bourg et l’Abbaye qui abritait le portier et des appartements aux étages.

A l’arrière, ce sont les jardins ou l’on cultivait le potager et les plantes médicinales et qui sont toujours entretenus par la Communauté de l’Arche.

On termine par une boucle dans le village qui est lui aussi médiéval et conserve tout son aspect authentique avec ses maisons à colombages, ses ruelles et goulets et sa place des halles dans le bas avec autour les quartiers plus populaires. Dans le haut, ce sont les demeures plus spacieuses des notables, médecins ou apothicaires.

J’espère que cette balade vous a transporté dans un autre temps, celui où l’on se déplaçait à pied, accompagné d’ânes ou de chevaux pour le transport, ce temps où les jardins suffisaient pour nous nourrir et où le son de l’orgue élevait nos âmes.

D’autres visites sont possible dans la région et je conseille la petite ville de la Côte Saint André et le festival Berlioz, et le Palais du facteur Cheval pour une architecture éclectique.

Texte et photos ©COQ Catherine

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