Les Cévennes – Sumène – Randonnée en traversée du Ranc de Banes

Sumene et le Ranc de Banes

Le Ranc de Banes, massif le plus méridional des Cévennes, est situé entre Ganges et Sumène, dans le département de l’Hérault. Ces gorges calcaires furent creusées par la rivière du Rieutord qui est au point le plus bas à 170 mètres d’altitude alors que le Ranc de Banes culmine à 713 mètres. Tout ce versant et la rivière ont été classé « réserve naturelle régionale de Combe chaude », afin de préserver la flore et la faune de ce site ainsi que les nombreux rapaces qui nichent dans les falaises. De plus, de nombreuses grottes sur les hauteurs, abritent les plus anciennes traces d’habitat humain de la région.

Je vous emmène pour une randonnée de 3h30 et 550 mètres de dénivelé et qui est un remarquable belvédère sur la plaine de Gange, la ville de Sumène, les gorges du Rieutord, le Pic d’Anjeau plus au sud et le Mont Aigoual à l’ouest. En chemin nous aurons peut-être la chance de voir planer un des nombreux rapaces nichant dans ces falaises et la ville de Sumène nous accueillera pour un voyage dans l’histoire à l’arrivée.

Le départ se fait au premier pont de pierre d’une seule Arche, traversant le Rieutord, 1 km au Nord de Ganges. Je traverse le pont et le chemin s’élève pour rejoindre la voie verte, qui était l’ancien voie de chemin de fer reliant Le Vigan à Ganges par Sumène et qui est aujourd’hui transformée en sentier piéton ou vélo.

Je continue en montant au-dessus de cette voie verte, pour rejoindre les falaises du haut par un beau sentier marqué en jaune. Après presque une heure de montée en sous-bois, j’arrive sur le plateau du haut avec une vue sur la plaine de Ganges et je traverse des forêts de chênes verts. Même si nous sommes en février, il y a déjà quelques fleurs sur le chemin, des jonquilles, violettes, muscari et c’’st aussi la saison où le buis est en fleur.

Et j’arrive aux premières grottes qui ont été habitées depuis plus de 4000 ans avant JC, car de là-haut on pouvait facilement observer si des ennemis empruntaient le défilé. Et depuis ces abris naturels on pouvait aussi facilement accéder à l’eau en descendant à la rivière et chasser dans les bois. Certaines de ces grottes ont des doubles entrées ce qui nous permet de les traverser avec le chemin de randonnée et des murs ont été élevés par la suite afin de mieux se protéger. Et l’on devine que ces lieux ont été aussi utilisés lors de nombreux conflits car le point de vue est unique aussi bien sur Sumène que sur Ganges, ce qui en fait un lieu stratégique.

Je continue mon chemin qui a été détourné dans les terres pour éviter de déranger les lieux de nidification des rapaces dans les falaises, avec l’aigle royal, l’aigle de Bonelli ou pour le faucon pèlerin.

Sumene depuis le Ranc de Banes

Puis c’est la dernière montée pour le Ranc de Banes, point culminant de cette balade, avec un magnifique point de vue sur le Pic d’Anjeau plus au sud et sur le massif des Cévennes. C’est la fin de journée et la lumière est belle sur toutes les falaises du Ranc de Banes. Je décide de descendre directement sur Sumène, avant la tombée de la nuit et cette descente est assez raide et zig zag entre les falaises.

Ranc de Banes et vue sur le Pic d’Anjeau

En bas je découvre Sumène, en arrivant par l’ancienne gare.

Depuis l’antiquité, la ville est située sur la voie de communication de Nîmes à Millau et c’était une cité commerçante et qui se développa au Moyen Age, avec la construction de canaux d’irrigation qui permirent de nombreuses cultures en terrasse ainsi que la construction de moulins. La cité est commerçante et on échange les produits venus du sud (huile d’olive, sel, vin…) avec ceux des montagnes (châtaignes, fromages, cuir..). C’est aussi une période pour l’exploitation des mines de charbon. C’est une ville prospère et qui sera protégée par un mur d’enceinte et des tourelles défensives dont il ne reste que quelques vestiges. La ville était aussi très réputée pour ses tonnelleries qui firent par la suite, la richesse de cette ville et jusqu’au XIXe siècle et qui s’exportaient jusqu’en Afrique du Nord.

Par la suite, la région sera déchirée avec les conflits entre catholiques et protestants car la population de Sumène s’était majoritairement tournée vers cette nouvelle église reformée.

Le déclin de la ville se fera des le XVIIIe siècle avec la construction de la route direct de Ganges pour Le Vigan par les gorges de l’Hérault et qui laissera Sumène isolée. Ce sera alors le début de la sériciculture et du tissage de la soie et il y a eu jusque 212 filatures le long du Rieutord et plus de 800 000 mûriers pour l’élevage des vers à soie. C’est aussi la période où Ganges devint la capitale de la bonneterie au XIXe et jusque au XXe siècle. C’est un nouvel Age d’or pour la ville, et on élèvera les maisons car la ville ne pouvait pas s’étendre en largeur. Dès la moitié du XXe siècle, c’est l’exode rurale, et il faudra attendre les années 2000 pour avoir de nouvelles familles qui viendront s’installer pour fuir les villes.

Aujourd’hui, on travaille avec le tourisme ou l’agriculture, dont la plus grande spécialité est l’oignon doux des Cévennes.

Après cette magnifique marche, je vous invite à découvrir d’autres randonnées dans la region, avec le tour du Pic Saint Loup, le sommet du Pic Saint Loup ou un peu plus au Nord le Ravin des Arcs, Saint Jean de Bueges et le massif de la Seranne, le sommet d’Anjeau, Saint Guilhem le Désert plus à l’Ouest et le cirque de Navacelles.

Texte et photos © COQ Catherine

4 commentaires sur “Les Cévennes – Sumène – Randonnée en traversée du Ranc de Banes

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