Le Chazelet – La Grave, village classé du Parc National des Ecrins

Le Chazelet – La Grave La Meije

Le Chazelet, petit village du Nord du département des Hautes-Alpes, est situé sur les hauteurs de La Grave à 1800 mètres d’altitude. Avec à l’ouest l’Isère et au Nord la Savoie, ce hameau est dominé au Sud par l’imposant massif de La Meije qui culmine à 3 983 mètres d’altitude et qui délimite le Parc National des Écrins. C’est aussi un accès pour le plateau d’Emparis qui avec ses alpages faisait la principale richesse de la région pour alimenter aussi bien l’élevage local que les nombreux troupeaux en transhumance.

Ce territoire de haute montagne fut complètement aménagé par l’homme, avec ses champs cultivés en terrasses, et pour se protéger des rudesses de l’hiver, les maisons de pierre furent construites serrées autour de l’église. Ce charmant village, ayant gardé tout son caractère authentique, vous fera revivre la vie d’antan en haute montagne, et je vous invite à venir découvrir l’un des plus panorama sur les Alpes mais aussi un des plus beaux belvédères sur le massif de la Meije.

coucher de soleil sur le village du Chazelet

Avec plus de 400 habitants au siècle dernier, nous sommes aujourd’hui moins de 30 personnes à l’habiter à l’année. Et même si sa situation exceptionnelle, offre de nombreux attraits touristiques avec la randonnée et le passage des GR 50 et 54, un petit site d’escalade et la petite station de ski familiale, ce village s’est vidé. Pourtant cette petite station de ski, orientée plein sud, offre un remarquable point de vue sur le massif de la Meije et nous permet de nombreux petits itinéraires hors-pistes, ou des randonnées à ski ou en raquettes.

De plus, les nombreuses expositions des pentes alentours et l’altitude permettent l’épanouissement d’une flore alpine très variée et c’est un paradis pour les amoureux de fleurs aussi bien sur les pelouses sèches d’altitudes ou que dans les zones humides. On peut y découvrir les edelweiss, des lys orangé ou lys Martagon, de nombreuses espèces de campanules ou de gentianes, mais aussi les champs de narcisses fin mai. Cette floraison s’étale sur deux ou trois mois, débutant autour du village, avant d’atteindre le plateau d’Emparis et les abords du lac noir ou du lac cristallin.

C’est aussi le village le plus isolé du canton, avec le passage du col des portes, qui peut s’avérer délicat par temps de neige et c’est ce qui lui a permis de conserver toute son authenticité. De même, il permet d’accéder au vallon de la Buffe et aux villages d’alpage des Rivets et de clos-Raffin, ce qui permet d’augmenter le nombre d’habitants aux beaux jours et de faire travailler la petite épicerie du village tenue par Anne-Marie, ainsi que la bibliothèque.

C’est donc un village dense en habitation mais surtout habité lors des vacances et il n’y a pas de chalet en bois car il était rare dans ces hauts alpages.

L’habitat traditionnel était formé de grandes bâtisses de pierre, et l’on trouve sous le même toit, la grange, l’étable et la partie habitation. L’entrée se faisait par l’étable et le plus souvent, la cuisine et la chambre étaient séparées de l’étable par une simple cloison de planches. A l’étage se trouvait la grange où l’on entreposait le foin pour nourrir les bêtes tout l’hiver, et quelquefois on trouve une source dans la cave pour ne pas avoir à sortir à l’extérieur durant les mois sous la neige. A proximité, les chambres, petite maison indépendante, servaient à entreposer les objets de valeur, linges et les réserves alimentaire au-cas où il y aurait le feu dans l’habitation principale avec le foin de l’étage.

La particularité du village du Chazelet, est que nous retrouvons ces chambres, comme dans les autres villages autours, mais sous forme de greniers en bois. Ils ont la même fonction que les chambres en pierre et il y en a une dizaine qui sont disséminés dans le village. Ces constructions sont uniques dans toute la région, et l’origine du bois de construction est inconnue car il était très rare.

Et comme dans tous les villages de la région, nous avons aussi notre four communal et la tradition de la fabrication du pain noir perdure, avec deux fournées par an, une l’été et l’autre en début d’automne, cette dernière fournée nous permet aussi de faire le pain de ménage. Autrefois, on le fabriquait qu’une seule fois l’an à l’automne au moment de la récolte du seigle, et on le consommait toute l’année. Le pain durcissait, mais jamais ne moisissait et on l’humidifier pour pouvoir le consommer. Le pain noir cuit pendant sept heures et lorsque les pains sont sortis, c’est le moment de cuire les tartes, pognes ou gratins. Les chizartons continuent de se rassembler pour ces grands moments de partage au village.

Un autre grand moment de l’été, c’est aussi le Festival Messiaen, où l’église du village accueille des concerts de musique classique contemporaine, avec l’église de La Grave, et merci au père Mollon de nous permettre de continuer ce festival qui en sera à sa 23e édition.

Le Chazelet dans les Hautes Alpes et le Pic du Mas de la Grave

Si cet aperçu de la vie en haute montagne vous a plu, je vous invite à découvrir d’autres articles sur le village, avec les randonnées pour le Plateau d’Emparis ou le Vallon de la Buffe, la découverte de la flore des Hautes Alpes ou une balade avec Michèle et ses animaux, un bivouac au lac noir, mais aussi le réveil du printemps pendant le confinement.

Le massif de la Meije au col des Portes

Texte et photos © COQ Catherine

Les Lys orange des Hautes Alpes

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