Tasmanie : Parc National de la Péninsule de Tasman et l’ancien Bagne de Port Arthur

Port Arthur

À 75km au sud Est de Hobart, je vous propose une journée à la découverte de la Péninsule de Tasman avec une balade au cœur du parc national de Tasman, la Baie des Pirates, l’Arche de Tasman, les plages de sable blanc, une pause au centre de protection des Diables de Tasmanie et la visite du site historique de Port Artur classé à l’UNESCO pour finir la journée.

Sur la route, ma première pause est au « Lookout » sur Pirate Bay, qui offre un magnifique point de vue sur la baie des pirates avec les formations rocheuses des lanternes, le rocher d’Hypolite et plus au sud, le Cap Pillar avec ses falaises vertigineuses. Plus bas, le site de Tessalatted pavement, est un incontournable à voir lorsque la marée est basse. Cette formation géologique est rare, elle ressemble à un pavement naturel en damier formée par l’érosion naturelle due aux cristaux de sel contenus dans la mer.

Une belle plage de sable blanc nous mène à Eaglehawk Neck, c’est l’étroiture de la péninsule. Ce passage permettait de contrôler l’accès au bagne de Port Arthur et d’éviter aux prisonniers de s’évader. Pour cela, le passage était protégé par des chiens méchants sur terre et la mer est quant à elle dangereuse avec de nombreux requins.

Eaglehawk Neck, l’access de la peninsule

Ensuite je suis partie pour une balade le long des falaises avec la végétation typique de Tasmanie, c’est-à-dire avec de nombreux eucalyptus, quelques fleurs discrètes et aussi les cônes secs des Banksia qui ressemblent aux petites chouettes camouflées dans les arbres, mais certains sont aussi en fleurs ! En chemin j’ai de magnifiques points de vue sur l’Océan Pacifique, sur la cuisine du diable avec son trou dans la roche qui s’emplit bruyamment d’eau de mer, mais aussi l’Arche de Tasman et le grand blowhole ! Le ciel s’obscurcie donnant une dimension impressionnante pour ce site des 40e rugissants avec ses eaux noires.

Puis c’est le retour du soleil, avant de faire une nouvelle pause sur la route, au Devil park. C’est un centre de sauvegarde des Diables de Tasmanie, menacés d’extinction suite aux problèmes de tumeurs faciales (plus de 80 % de la population est déjà décimée). De plus la configuration de la péninsule permet de reconstituer une population saine à l’écart du reste de la Tasmanie. Le diable de Tasmanie est carnivore et la puissance de sa mâchoire lui permet d’ingurgiter avec facilité de gros morceaux de viandes avec la peau et les os ! Le parc abrite d’autres animaux de ce continent isolé avec des kangourous, des wallabys, des oies endémiques…. Certains animaux sont en liberté, alors que les hommes sont représentés en cage !

Enfin j’arrive à l’impressionnant site historique de Port Arthur, classé à UNESCO. C’est un lieu d’importance aussi bien national qu’international et il nous retrace une partie de l’histoire de la colonisation du territoire de l’Australie et de la Tasmanie.

Les premiers colons arrivèrent en 1830 dans cette baie qui était idéale pour l’exploitation du bois avec de nombreux Eucalyptus Blue Tier gigantesques (de 40 à 60 mètres de hauts). C’est en 1833 que le site fut transformé en bagne pour les prisonniers les plus dangereux qui étaient envoyés en Australie. Ce lieu fut choisi de par son isolement, avec un accès facile par la mer et le passage de l’isthme de Eaglehawk permettait de contrôler les communications par voie de terre.

Il y a eu jusque 2000 personnes qui vivaient sur ce site, comprenant bagnards, soldats et familles et ils formaient ainsi une petite ville autonome. Les bagnards fournissaient la main d’œuvre, certains furent brisés et sont morts, pour les autres, une fois leur peine purgée, ils se réinsérèrent dans la vie de la colonie. Sur place, on produisait du mobilier pour les particuliers ou pour les bateaux, on travaillait la pierre, le métal, on faisait des briques…. On peut remarquer les différents styles d’architectures sur le site, entre les parties austères des prisonniers et les constructions plus luxueuses avec de magnifique jardins pour les militaires et leur famille.

 Le bagne ferma en 1877 et par la suite, le site fut en parti détruit afin d’oublier son passé…. Puis il sera finalement réhabilité face à une demande croissante pour un tourisme curieux de visiter ce type de mémorial historique. Pour ma part j’ai trouvé certaines parties assez dures, surtout les cellules où les bagnards étaient entassés … Mais je suis aussi née sur une terre de bagnards, la Nouvelle Calédonie !

La visite débute avec les ruines de l’église et son presbytère. La religion était très importante au sein du bagne et les messes étaient obligatoires pour tous les habitants et prisonniers.

Je continue avec les villas des nobles et le cottage du gouverneur et son jardin à la française, c’est le quartier des médecins, comptables et autres fonctionnaires civiles qui vivaient là avec leur famille et à l’écart des bagnards.

De l’autre côté, sur les hauteurs, « la prison séparée » est complètement rénovée et l’on peut découvrir des cellules individuelles plus grandes. Cette prison proposait une nouvelle méthode disciplinaire où les bagnards vivaient dans l’isolement et la contemplation et travaillaient directement dans leur cellule. Plus loin, ce sont les ruines de l’ancien hôpital et de l’asile.

En descendant, on passe par la tour de garde et le quartier des militaires pour les soldats et les officiers dont certains étaient accompagnés de leur famille et il avait aussi une école pour tous les enfants. Sur le côté, ce sont les tribunaux ainsi que la demeure du commandant

En bas et au centre du complexe, Le grand pénitencier avec de minuscules cellule qui accueillaient les mauvais prisonniers par 2 bagnards à la fois, avec les ateliers pour travailler à proximité.

Avec l’entrée du site, une croisière d’une demi-heure dans la baie est incluse, pour découvrir la baie et le cimetière de l’ile des morts avec plus de 1100 personnes qui y ont été enterrées. Il accueillait aussi bien les militaires ou leur famille que les bagnards. En face, se trouvait la première prison pour les enfants de l’Empire Britannique

Cette croisière nous permet d’avoir un aperçu sur le chantier naval dont 16 bateaux furent produits en 15 ans d’activité et il y a eu jusque 70 hommes qui y travaillaient.

Cette visite nous projette dans le passé d’un bagne qui est une partie intégrante de l’histoire de la colonisation qui s’est fait dans le sang et la douleur. Et il ne faut pas oublier que la population autochtone de la Tasmanie a été décimée dès la fin du XIXe siècle, ce qui est unique dans l’histoire.

N’hésitez pas à partir à la découverte de la Péninsule de Tasman, soit depuis Hobart à la journée ou sur la route en vous rendant à Bicheno et le Parc National de Freycinet pour découvrir d’autre balades et randonnées.

Cap Pillar

Merci de prendre le temps de me lire! Texte et photos ©COQ Catherine

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