Saint Nazaire, à la découverte d’un patrimoine XXe siècle.

Vue sur le chantiers de Saint Nazaire, depuis le toit de l'écluse fortifiée
Chantier naval et patrimoine militaire de Saint Nazaire

Balade dans la ville de Saint Nazaire :

En région pays de la Loire, la ville de Saint Nazaire est située au Nord de l’estuaire de la Loire, dans le département de Loire-Atlantique. Au carrefour des routes entre Nantes et La Baule, la ville s’étend également vers le Sud, la Vendée et Pornic, depuis la construction du grand pont de Saint Nazaire.

Entre fleuve et océan Atlantique, la région est le plus grand pôle industriel de l’Ouest de la France et l’économie de la ville repose sur l’activité des ports, avec le chantier naval de l’Atlantique, la construction aéronautique, le port de commerce et son terminal alimentaire, un terminal méthanier pour la raffinerie de Donges auxquels s’ajoute, aujourd’hui, la construction de 600 éoliennes offshore. Saint Nazaire est aussi la capitale de la construction navale en France et c’est ici que sont construits les bateaux de croisières de plus de 300 mètres de long.

décors des paquebots construits dans les chantiers de Saint Nazaire
Décor d’un paquebot de légende

En partie détruite lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville a conservé son patrimoine militaire et industriel, ce lui a valu d’être classée « Pays d’art et d’histoire ». Je vous propose une balade découverte de Saint Nazaire, avec les installations portuaires et militaires, la découverte des mythiques paquebots, sans oublier un passage dans le quartier aux villas belle époque.

L’histoire de Saint-Nazaire en quelques mots :

Comme en témoignent le tumulus de Dissignac et le dolmen du cœur de ville, la région est habitée depuis le néolithique. Historiquement sur le territoire de Bretagne et sous l’influence de Guérande, Saint Nazaire était un petit port de pécheurs au Moyen-Age, et la ville se développa que tardivement.

Au XIXe siècle, le port abritait essentiellement des bateaux pilotes sur la Loire, puis sous Napoléon III, la ville de Saint Nazaire s’est développée en tant que port avancé pour la ville de Nantes et c’est alors que fut creusé le premier grand bassin afin de permettre aux gros bateaux de s’amarrer et de manœuvrer. Le port fut par la suite agrandi avec la construction d’un second bassin et de l’écluse côté mer pour devenir un port-écluse. C’est alors le début de l’industrialisation de la ville, avec l’arrivée du train et la mise en place des lignes postales transatlantiques, le tout complété par un chantier naval. Et en 1868, la ville fut élevée au rang de sous-préfecture à la place de Savenay.

Pendant la première Guerre Mondiale, la ville de Saint Nazaire est le plus important port de débarquement des troupes américaines ce qui entraina de nombreux aménagements dans la région afin d’accueillir, d’héberger et de soigner ces hommes.

Lors de la seconde Guerre Mondiale, les troupes alliées sont évacuées et le port est occupé. Les Allemands firent construire une base pour protéger leurs sous-marins et fortifièrent également la ville ainsi que le bord de mer. Cette base sous-marine fut successivement agrandie et consolidée jusqu’en 1943, et afin de déstabiliser ce bâtiment indestructible, il y a eu de nombreux bombardements anglo-américains, ce qui mis la ville en ruine qui fut par la suite évacuée. A la fin de la Guerre, après le débarquement de Normandie, les troupes allemandes se refugièrent dans les terres et la région fut libérée trois jours après la capitulation allemande, faisant de Saint Nazaire, la dernière ville libérée de l’occupant allemand en Europe.

La reconstruction d’après-guerre éleva une ville moderne, minimaliste et fonctionnelle, selon les plans de l’architecte Noel Le Maresquier. Aujourd’hui la ville recréer un centre-ville aux abords de la base sous-marine, avec un centre commercial, des musées et le théâtre afin de la transformer en ville-port attractive pour les touristes.

Visite de la ville-Port de Saint-Nazaire et de son patrimoine militaire :

Ma journée débute au cœur même des installations militaires, avec une visite de la base sous-marine où l’office de tourisme me permet d’obtenir des informations sur les visites guidées du jour.

La base sous-marine de Saint-Nazaire :

Les travaux débutèrent en 1941 afin de protéger les sous-marins allemands, des bombardements aériens anglais et c’est l’une des 5 bases construites sur la façade Atlantique. Avec 18 mètres de haut, pour 300 mètres de long et 130 de large, elle est construite en béton armée et granit et on estime qu’il y a eu 460 000 m3 de béton coulé. La toiture est composée de plusieurs dalles superposées sur 8 mètres d’épaisseur, et la dernière couche est formée de poutres de béton. La toiture accueillait des canons, une cloche blindée d’observation, et un bunker. En dessous, la base se composait de 14 alvéoles et d’ateliers techniques, d’espaces de stockage, des bureaux, des chambres d’équipages, de cuisines, de deux boulangeries, de deux centrales électriques, d’un réfectoire et d’un bloc opératoire.

Aujourd’hui la base accueille différentes installations dont, une salle de concert, une salle d’exposition ainsi que le musée Escal’Atlantic.

Je continue ma balade en accédant au toit qui offre un beau point de vue sur le bassin, les chantiers et l’écluse fortifiée. Une partie du toit abrite le Jardin du Tiers-Paysage de Gilles Clément, qui est composé de plantes poussant naturellement dans la région, afin de reconquérir cet espace, et au centre, je découvre une exposition photos de Franck Gerard. Sur le côté, trône le radôme, qui fut donné à la ville de Saint Nazaire en 2007, et auparavant il abritait un radar de l’Otan sur l’aéroport de Berlin.

Je me dirige vers la partie des chambres d’éclatement des bombes, qui accueille la forêt de Trembles, les jeux d’ombres et de lumières du lieu sont extraordinaires.

Apres cette visite, je pars à pied pour l’ile, séparée du continent par 2 écluses.

La grande écluse de Saint-Nazaire :

Date du XIXe siècle, longue de 211m pour 30 mètres de large, elle peut accueillir de grands bateaux. Un pont basculant permet aux bateaux de passer alors que voitures et piétons attendent pour accéder sur l’ile.

Je me dirige vers le vieux môle qui date de la fin du XIXe siècle et offre un point de vue sur la Loire, le chantier naval et le pont de Saint Nazaire qui avec plus de 3km de long, relie les deux rives depuis 1975.

Je continue en longeant la Loire et le monument de l’abolition de l’esclavage. Il a été réalisé sur les structures de l’ancien embarcadère du bac qui reliait les deux rives de la Loire, avant la construction du pont. C’est un mémorial sur la traite atlantique du XVII au XIXe siècle, lorsque Nantes était l’une des plus importantes villes du trafic d’esclaves entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Il se compose de trois statues, un homme enchainé qui s’accroche au bloc, le second se hisse et sa chaine est coupée et le troisième est une femme qui domine le monument et qui regarde au large.

L’écluse fortifiée de Saint-Nazaire :  

Puis, j’arrive à l’écluse fortifiée qui permettait d’accéder aux bassins intérieurs du port. Ce système défensif abrite, aujourd’hui, le musée Espadon avec le sous-marin Espadon que l’on peut visiter.

Pour ma part, je profite du toit terrasse pour admirer le petit bassin de la forme Joubert qui accueille un paquebot en fin de construction et même la ville parait petite face au géant des mers ! Depuis le toit terrasse, je découvre la Suite de Triangles de l’artiste Felice Varini qui apparait dans le paysage du port, entre silos et paquebot !

Je repars sur le continent, à la découverte de la ville, accompagnée par une bruine humide.

Visite de la ville de Saint Nazaire :

J’arrive sur la première petite plage, qui longe l’entrée du port et je découvre Les grandes sculptures de Daniel Dewar et Gregory Gicquel, avec le pied, le pull-over et le système digestif. C’est l’une des trois grandes œuvres moderne de Saint Nazaire, avec la suite de triangles.

Je continue le long du boulevard de mer et j’arrive sur Sammy, une stèle représentant le soldat américain surplombant l’aigle allemand. La première statue, date de 1926, elle fut détruite lors de la Seconde Guerre Mondiale et reconstruite à l’identique en 1989.

Le Quartier de la Havane :

Ma balade se poursuit par le quartier de la Havane avec ses villas de la belle époque et Art-Déco. Ce quartier est un rescapé des bombardements de la seconde guerre mondiale et il retrace le passé de l’Age d’Or de la station balnéaire au début des années 1900.

L’église de Saint Nazaire :

À la fin du XIXe siècle, il fut décidé d’élever une nouvelle église dans Saint Nazaire pour remplacer le vieil édifice du XVIe siècle. La nouvelle église, était de style néo-gothique mais elle ne fut pas complétement terminée par manque de fonds. Puis les bombardements de 1943, laissèrent un édifice en ruine sans mobilier, ni autel, ni vitraux. Les travaux de reconstruction débutèrent en 1951 pour se terminer 5 ans plus tard.

La pluie m’incite à revenir sur la base sous-marine afin de me plonger dans la visite des paquebots du siècle dernier.

Le Musée de Escal’Atlantic :

Visiter le musée Escal’Atlantic, c’est faire un voyage à bord d’un paquebot, tout en restant au cœur de la base sous-marine. Cet espace retrace l’histoire des premiers grands paquebots transatlantiques, construits à Saint Nazaire, avec du mobilier et la reconstitution des espaces de vie notamment des paquebots France (1962) et Normandie (1935).

J’y accède par la passerelle, comme si j’entrais dans un navire et je découvre la Grande Histoire des traversées transatlantique et autour du monde, avant d’être détrônées par le transport aérien. Je continue par une pause au bar pour boire un chocolat chaud afin de m’imprégner de cette atmosphère.

Cette visite est extraordinaire et me plonge dans un autre univers, celui des grands voyages du siècle dernier et de l’immigration. Les décors, le mobilier et la vaisselle sont les témoins de la grandeur, la beauté et du luxe des intérieurs de l’époques, mais aussi d’un savoir-faire à la française qui perdure toujours aujourd’hui.

Saint Nazaire est une ville de la démesure avec l’immensité des ports, les paquebots qui s’élèvent sur l’horizon, l’imposante base sous-marine qui a réussi sa reconversion. C’est donc une ville moderne, classée patrimoine du XXe siècle, avec une architecture qui nous raconte l’histoire glorieuse de la ville. Tintin a aussi laissé son empreinte avec l’album « Les 7 boules de cristal » qui rend hommage à Saint Nazaire et aux chantiers de la ville.

Road trip autour de Saint Nazaire :

N’hésitez pas à venir découvrir la région avec la découverte de l’estuaire de la Loire, la ville de Savenay et les marais de l’estuaire de la Loire, visiter la forteresse de Guérande, le château de Noirmoutier, ou ramasser des palourdes au passage du Gois, et se balader dans Rochefort en Terre et randonner autour de Rochefort en Terre.

Merci pour la lecture des articles de ce blog ! Texte et photos ©COQ Catherine

La légende des décors de Saint Nazaire
Légende des croisières de luxe du début du XXe siècle

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