Randonnée itinérante de 6 jours en Lozère, Le Tour du Causse Méjean – PART 1

Panorama sur la Lozere depuis le Causse Mejean

Située au sud de l’Auvergne, ce vaste et haut plateau calcaire est au cœur des Causses avec au Nord Le Causse de Sauveterre et la ville de Florac, le Causse Noir plus au sud et le village de Meyrueis et Le Rozier à l’Ouest qui permet de rejoindre l’Aveyron. En partie dans le Parc National des Cévennes classé à L’UNESCO depuis 2011, c’est l’une des régions les moins habitée de France, avec une altitude moyenne avoisinant les 1000 mètres.

Cette Forteresse naturelle de 340km2, est délimitée par les Gorges du Tarn, les Gorges de la Jonte et la rivière du Tarnon, ce qui ne laisse que quelques voies naturelles de communication avec le reste du monde !  De plus, il n’y a aucun réseau d’eau sur le plateau, car les eaux de pluie s’infiltrent dans le calcaire Karstique et ne réapparaissent que plus bas en résurgences dans le Tarn ou la Jonte. Cette région désertique est recouverte de lande, composée de buis et de genévriers avec quelques forêts de pins noirs qui ont été replantées, ce qui lui donne un aspect lunaire et steppique ! C’est donc un lieu idéal pour l’élevage de moutons et chevaux, avec les célèbres chevaux de Przewalski qui ont été réimplanté ici. Il en fut de même avec la réintroduction de différentes espèces de vautours et de gypaètes dont on aperçoit les vols majestueux le long des canyons. 

Cet isolement a permis de conserver une architecture typique avec de grandes fermes en pierre dont les voutes sont couvertes de lauzes calcaire. L’ensemble est composé de plusieurs corps de bâtiments autour d’une cour ainsi qu’un four à pain vouté pour chaque ferme. Ces constructions traditionnelles se retrouvent dans tous les villages et hameaux du Causse, certaines reconstruites et d’autres sont de magnifiques ruines.

Vous l’aurez deviné, ce lieu unique est idéal pour les randonneurs cherchant la solitude des grands espaces dans une grande nature intacte. Mon père était un admirateur de cette région et il m’a influencé dans le choix de cette randonnée itinérante. Presque 10 ans après son départ, je me décide d’aller à la découverte de ce Causse très authentique et rurale et selon ses propres concepts du voyage, c’est-à-dire, minimaliste et en autonomie pour être au cœur des éléments.

Départ donc, sur ce sur chemin de Grande Randonne de Pays pour 6 jours sur le Causse Méjean. Sur ce parcours, il est possible de découvrir de grands sites naturels comme l’Aven Armand, plus grand gouffre aménagé de la région avec des stalagmites de 30 mètres, les plus hautes du monde. Les arcs de Saint Pierre des Tripiers, site naturel ou l’on se promène sous de grandes arches calcaires et au pied des Vases de Chine. Le Chaos de Nîmes-le-Vieux, grand site de roches ruiniformes qui nous donne l’impression d’être au cœur d’une immense citée en ruine. Certaines sections regorgent de fossiles que l’on peut admirer directement sur les chemins. Et sur tout le sentier, on découvre des Menhirs, dolmens et Tumulus datant de plus de 3000 ans avant notre ère. Et puis c’est aussi l’occasion de se ravitailler dans les petites villes de Meyrueis, Le Rozier ou Florac qui vous séduiront par des ruelles ou places qui vous feront voyager dans le temps.

Lever du jour dans les Gorges de la Jonte

Ce GR de pays peut se parcourir sur 6 jours, avec environ 120km à pied avec des altitudes variant entre 400m et 1157m et pour un cumul total de dénivelé de 3600m. Pour moi, les difficultés ont été l’écart des températures, avec la chaleur des journée (environ 30 degrés en septembre) et les fraicheurs des nuits, la difficulté de se ravitailler en eau sur certaines étapes, le manque d’eau pour bivouaquer ce qui m’a amené à transporter 3,5 litres d’eau en fin de journée. Il y a aussi eu le manque d’épiceries et de petits cafés dans les villages et des fermiers pas toujours accueillant pour vous vendre leurs produits.

Jour 1 : Meyrueis, le plateau du Causse Méjean, les Arches des gorges de la Jonte et bivouac en belvédère sur le canyon – 25 km.

Départ de bon matin de Meyrueis, située à 700 mètres d’altitude, pour monter sur le plateau du Causse Méjean, un premier détour me fait partir dans le mauvais sens du tour, mais je vais récupérer une sente qui me ramène sur le bon chemin. Ce détour m’a permis d’avoir de très beaux points de vue sur Meyrueis et de découvrir la grande ferme de Pauparelle qui vient d’être magnifiquement rénovée. C’est un premier aperçu de l’architecture traditionnelle du Causse et pour me mettre dans l’ambiance.

 Ça et là, des buissons de pruneliers me rafraichissent et c’est aussi la saison des mûres et je vais m’en régaler tous les jours de ce périple….

Ensuite, le plateau s’offre à moi, avec au loin les falaises des gorges de la Jonte. Je découvre de nombreuses carlines dans les champs arides ou sur les bords de chemin, ces fleurs météo qui s’ouvrent ou se ferment en fonction de la météo et que l’on cloue sur les portes des maisons. Elles ont la double fonction de baromètre mais aussi d’ornement dans toute la région. Plus loin, il y a un tumulus, « la tombe du géant » et quelques menhirs en chemin, puis je contourne le site de l’Aven Armand.

Les grandes étendues alternent avec des petits villages et je fais une pause à Hielzas pour découvrir sa petite chapelle à l’architecture très typique. Plus loin, je découvre une première lavogne, construction qui récupère les eaux de pluie pour le bétail, celle-ci est presque asséchée.

Je rencontre de nombreuses croix de chemin, soit en pierre, soit en fer forgé. Ces dernières permettent plus de fantaisies dans les décors, comme celle du village de La Viale. Elle représente une allégorie de la vie rurale des hauts plateaux, avec un chien suivi du berger et de quelques moutons sous la protection d’épis de blé.

Il n’y a pas de fontaine dans les villages et il faut demander aux particuliers pour obtenir de l’eau, et j’ai eu soif pour cette première après-midi particulièrement chaude.

Je continue pour le site des Arcs de Saint Pierre de Tripiers, avec de belles formations calcaires telles des arches, des champignons, des grottes mais c’est aussi un ancien site d’habitation.

Je termine cette première journée dans une grande forêt de pins et je m’installe proche d’un belvédère sur les Gorges de la Jonte pour la nuit. Je contemple le vol des vautours en fin de journée, ainsi que le couché de soleil qui est magnifique pour cette première nuit à la belle étoile… Je pense aussi aux sangliers qui sont bien plus présents dans cette région qu’en altitude dans les Alpes ! La nuit est exceptionnellement belle et étoilée avec une voie lactée bien visible et quelques étoiles filantes.

Jour 2 : Les Gorges de la Jonte, Le Rozier, les Gorges du Tarn, La Cave – 18km

La matinée débute avec un chemin en belvédère sur les Gorges de la Jonte, il est tôt et les promeneurs du dimanche ne sont pas encore arrivés. Je suis donc seule pour profiter du calme et de la beauté de ce Canyon, avec des grandes falaises calcaires et les étranges formations qui sont surnommées les vases de Chines ! Des grimpeurs attaquent les grands surplombs des vases si réputés, et c’est aussi le moment où je croise les premiers promeneurs.

Après quelques kilomètres, c’est le début de la descente entre les étranges érosions de ce canyon. Puis je rejoins l’ancien village du Capluc, accroché à flanc de piton rocheux et qui a conservé son four traditionnel.

Plus bas, Le Rozier me laisse imaginer un rafraîchissement en terrasse, avec un bon repas.

Le Rozier est à 400 mètres d’altitude et l’après-midi est très chaude. Je traine avant de repartir, surtout que le chemin longe les Gorges du Tarn par le bas sur plus de 10 kilomètres et je rêve de baignade pour me rafraichir. Le chemin est souvent au soleil, et n’a pas vraiment d’accès à l’eau et je croise quelques hameaux en ruines ou retapés, et quelques promeneurs sur le GR6.

Puis, je peux admirer des groupes de vautours voler autour des falaises qui dominent ce canyon et je vois plus bas les canoës descendre le Tarn. Je trouve un peu de frais à l’ombre des arbres en grignotant des baies de cornouilles qui sont mûrs à point, et je profite des forêts de mousses.

Enfin, le chemin descend au bord de l’eau ce qui me permet une pause tant attendue. Je m’installe pour la nuit au bord de l’eau, juste avant le village de La cave, car je n’ai plus le courage de continuer !  Je suis dans le sable, cela me parait doux et j’ai de l’eau pour cuisiner !

Une vachette me rend visite, puis une canne avec ses 2 grands canetons arrivent par la rivière et viennent faire le tour du propriétaire des lieux ! Comme je l’imaginais, la nuit fut très humide et il a été très difficile de partir tôt le matin et j’ai alors pris l’option de tout emballer mouillé pour ne pas remonter trop tard sur le Causse Méjean.

Pour lire la suite, suivre ce lien…..

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