Partons à la découverte de Samarcande, la ville la plus mythique de l’Ouzbékistan. En effet, son nom est depuis toujours associée à la Route de la Soie, aux caravanes d’épices et au conquérant Tamerlan. Aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle demeure l’une des plus belles villes d’Asie centrale, avec ses monuments timourides, ses bazars et sa vieille ville.
Alors visiter Samarcande, que voir que faire, est un guide pour organiser votre voyage en Ouzbékistan, vous y trouverez les incontournables de la ville et de nombreuses excursions pour découvrir les environs, avec entre autres, les montagnes du Nouratau, une nuit en yourte près du lac Aydarkul, les visites de Boukhara, Chakhrisabz, et les sept lacs du Tadjikistan.
Enfin, je partage tous mes conseils pratiques pour préparer votre séjour à Samarcande.

Ouzbékistan, le guide complet pour visiter Samarcande sur la Route de la Soie
Il y a des noms de villes qui font rêver avant même de les avoir vues et Samarcande en fait partie ! Depuis des siècles, elle évoque les caravanes chargées de soie et d’épices, les dômes turquoise qui scintillent sous le soleil d’Asie centrale. Et surtout, Tamerlan, ce grand conquérant, qui rêvait de faire de sa capitale la plus belle ville du monde.
Aujourd’hui, Samarkand n’a rien perdu de sa superbe. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle reste l’une des étapes les plus spectaculaires de tout voyage en Ouzbékistan. Car c’est l’une des plus belles villes d’Asie centrale. Entre monuments timourides, bazars parfumés aux épices, ruelles de la vieille ville et excursions vers les montagnes ou le désert, Samarkand se mérite autant qu’elle se savoure !
Dans ce guide complet, je vous emmène explorer et que voir à Samarkand, que faire sur place, un peu d’histoire pour comprendre ce que vous avez sous les yeux. Ainsi que toutes les meilleures excursions aux alentours : montagnes du Nouratau, nuit en yourte au bord du lac Aydarkul, Boukhara, Chakhrisabz, et nous irons jusqu’aux légendaires sept lacs du Tadjikistan. Vous trouverez de quoi préparer un voyage inoubliable sur la Route de la Soie.
Que vous prépariez votre voyage en famille ou un itinéraire en toute liberté à travers l’Ouzbékistan, ce guide se veut le plus complet possible, avec des conseils pratiques glanés sur place : où loger, que manger, combien de jours prévoir, et comment organiser vos excursions vers les environs.
Installez-vous confortablement, nous partons pour Samarkand.

Combien de jours faut-il pour visiter Samarcande ?
Comptez au minimum 2 jours pleins pour découvrir les incontournables (Registan, Bibi-Khanoum, Gour Emir, Chah-i-Zinda, bazar de Siob). Pour une visite plus complète incluant les sites excentrés et une excursion aux alentours, prévoyez plutôt 3 à 5 jours.
Quelle est la meilleure période pour visiter Samarkand ?
Le printemps (mars à juin) et l’automne (septembre à novembre) sont les meilleures périodes, avec des températures agréables pour les visites. L’été peut être trop chaud (plus de 35-40°C), et l’hiver frais, voire froid. Évitez si possible le cœur de l’été pour les visites en extérieur prolongées, et prévoyez des vêtements chauds si vous voyagez en plein hiver.
Visiter Samarcande, guide pratique pour préparer son voyage
Ouzbekistan, comment venir à Samarkand
Samarkand est facilement accessible depuis Tachkent, la capitale ouzbèke, qui constitue généralement le point d’entrée international pour la plupart des voyageurs.
Depuis l’aéroport de Tachkent, plusieurs vols intérieurs desservent quotidiennement Samarkand en environ une heure. Pour les voyageurs venant de l’étranger, il existe aussi un petit aéroport international à Samarkand, avec quelques liaisons directes depuis certaines villes régionales, ce qui peut éviter un passage par Tachkent.
L’astuce de Kat : je vous recommande de consulter ce comparateur pour trouver votre vol au meilleur prix.
Taxi aéroport : vous pouvez réservez un transfert privatif de l’aéroport pour votre hébergement au meilleur prix directement en ligne, ce qui vous permettra d’arriver serein et de vous détendre à l’arrivée.

Visiter Samarcande, comment venir en train ou en bus
Mais l’option la plus prisée reste le train à grande vitesse Afrosiyob, qui relie Tachkent à Samarkand en un peu plus de deux heures. Il offre un trajet confortable et pittoresque à travers la campagne ouzbèke. Réservez votre voyage directement en ligne depuis Tachkent.
Il est également possible de rejoindre Samarkand en bus ou en train depuis Boukhara, Khiva ou Douchanbe au Tadjikistan. Les trains sont le plus souvent des trains de nuit, qui sont à mon gout, plus confortables que les bus sur des routes qui ne sont pas toujours en bon état !
Se déplacer dans la ville
Le centre historique de Samarkand se visite très bien à pied, la majorité des grands monuments étant proches les uns des autres. Pour les sites plus excentrés (observatoire d’Ouloug Beg, village de Konigil, colline d’Afrasiab), il est facile de faire appel à un taxi local ou à une application de VTC, pour un coût généralement très raisonnable.

Où dormir à Samarkand
Certains choisissent de loger à proximité du Registan ou dans le quartier historique, ce qui permet de rejoindre à pied la majorité des monuments incontournables. On y trouve un très large choix d’hébergements, des guesthouses traditionnelles aménagées dans d’anciennes maisons ouzbeks avec cour intérieure, jusqu’aux hôtels plus modernes.
Le quartier russe, un peu plus excentré mais bien desservi, peut aussi être une bonne option pour un séjour plus calme, avec un accès facile aux restaurants et cafés plus « contemporains ».
Enfin, je recommande de réserver un logement avec quelques semaines d’avance que ce soit en auberge de jeunesse pour rencontrer d’autres voyageurs ou dans des hôtels au standing plus occidental qui sont nombreux dans le centre.
Enfin, pour préparer votre voyage, vous pouvez consultez tous mes conseils et mes astuces pour préparer votre voyage.
Que voir à Samarcande, visiter les incontournables du centre-ville
Samarkand, capitale de Tamerlan, un peu d’histoire
Timour (Tamerlan) et l’âge d’or timouride
Impossible de comprendre Samarkand sans parler de Timour, connu en Occident sous le nom de Tamerlan. Né en 1336 non loin de la ville, ce chef militaire redoutable a bâti au XIVe siècle un immense, empire s’étendant de la Turquie actuelle jusqu’aux portes de l’Inde. Contrairement à Gengis Khan, dont il admirait pourtant la légende et dont il revendiquait une filiation lointaine, Tamerlan ne s’est pas contenté de conquérir : il a voulu construire.
Samarkand devient sa capitale et il en fait le projet de toute une vie. Après chaque campagne militaire, il en ramène les meilleurs architectes, artisans, carreleurs et calligraphes du monde connu, de Perse, d’Inde ou de Syrie, pour bâtir la ville la plus somptueuse d’Asie centrale. Mosquées démesurées, mausolées couverts de céramiques bleues, jardins luxuriants : Samarcande devient sous son règne un symbole de puissance et de raffinement.
Par la suite, son petit-fils, Ulug Beg, poursuit cette œuvre dans un tout autre domaine : les sciences. Grand astronome et mathématicien, il fit de Samarkand l’un des centres intellectuels les plus avancés de son époque, et fit construire un observatoire d’une précision stupéfiante pour l’époque.
D’ailleurs, cette période, que l’on appelle l’âge d’or timouride, a façonné le visage de la ville que l’on visite aujourd’hui. La quasi-totalité des monuments emblématiques de Samarkand datent de cette époque ou s’en inspirent directement.



Visiter Samarcande que faire que voir dans la vieille ville
La vieille ville de Samarcande s’organise encore largement autour de son cœur historique, entre le Registan, la mosquée Bibi-Khanoum et le quartier de Chah-i-Zinda. On y retrouve un tissu urbain typiquement d’Asie centrale : ruelles étroites, maisons basses en pisé, cours intérieures cachées derrière de hautes portes, mahallas (quartiers traditionnels) où la vie de voisinage reste très présente.
Puis, la ville a connu plusieurs vies : capitale timouride flamboyante, cité déclinante sous domination diverses. Ensuite, la ville a été largement réaménagée à l’époque russe et soviétique. C’est ce lui a donné une partie de son visage actuel avec de larges avenues et un quartier « européen » distinct de la médina historique.
Aujourd’hui, Samarkand vit un important travail de restauration et de valorisation patrimoniale. Certains regrettent une restauration parfois too much, très « rénovée », qui peut donner aux monuments un aspect presque neuf. D’autres saluent un travail de préservation indispensable pour ces trésors architecturaux vieux de 600 ans. Quoi qu’il en soit, la magie opère toujours, surtout en fin de journée, lorsque la lumière dorée du soleil couchant vient caresser les dômes bleus.
Visiter Samarkand avec un guide
Pour compléter votre balade, je vous recommande de réserver cette visite guidée de Samarkand, son architecture, ses statues et sa culture accompagnée d’un guide francophone. Pour aller plus loin, il est possible de réserver la visite nocturne de Samarcande, pour une expérience intemporelle.

Que voir à Samarcande : le Registan, la place la plus spectaculaire d’Asie centrale
Si vous ne devez retenir qu’une seule image de Samarkand, ce sera sans doute celle-ci : la place du Registan. Elle est encadrée par trois médersas monumentales, et c’est probablement l’un des plus beaux ensembles architecturaux du monde islamique.
Le mot « Registan » signifie littéralement « lieu sablonneux », car c’était autrefois la place publique et marchande de la ville. D’ailleurs, c’est ici que l’on annonçait les décrets royaux et où l’on exécutait parfois les condamnés. Aujourd’hui, elle accueille les visiteurs du monde entier, qui sont éblouis par la démesure du lieu.

Trois médersas (écoles coraniques) composent cet ensemble unique :
- La médersa Ulug Beg (1417-1420), la plus ancienne des trois, construite par le petit-fils de Tamerlan, avec sa façade ornée de motifs géométriques et d’étoiles évoquant sa passion pour l’astronomie.
- La médersa Cher-Dor (« aux lions », 1619-1636), célèbre pour ses représentations de tigres portant un soleil, à visage humain, sur le dos, une audace rare dans l’art islamique qui prohibe habituellement les représentations d’êtres vivants.
- La médersa Tilla-Kari (« recouverte d’or », 1646-1660), dont l’intérieur de la mosquée, couvert de dorures et de motifs peints, est absolument saisissant.

Conseils pratiques pour visiter le Registan :
- Comptez au moins 2h pour la visite complète des trois médersas et le billet d’entrée donne accès aux trois monuments
- Venez une première fois en journée pour profiter des détails architecturaux et de la lumière sur les céramiques, puis revenez en fin d’après-midi ou en soirée pour la lumière dorée et les illuminations nocturnes.
- Évitez le plein soleil de la mi-journée en été si vous voulez éviter la foule et la chaleur écrasante
Il faut savoir que les trois médersas n’ont pas été construites à la même époque, et que leur alignement parfait relève presque du miracle architectural. Deux siècles séparent la construction de la médersa Ulug Beg de celle de ses voisines. C’est pourquoi, les architectes du XVIIe siècle ont dû composer avec un monument déjà existant pour créer l’illusion d’un ensemble pensé comme un tout. C’est cette prouesse, autant que la beauté individuelle de chaque bâtiment, qui rend la place du Registan aussi unique.

À l’intérieur de chaque médersa, les anciennes cellules accueillaient autrefois des étudiants en théologie. Par la suite, elles ont été transformées en boutiques d’artisanat : tapis, broderies suzani, instruments de musique traditionnels, céramiques peintes à la main. C’est l’occasion de faire quelques emplettes tout en profitant de l’architecture. Mais les prix y sont généralement plus élevés qu’au bazar de Siob. N’hésitez pas à lever les yeux vers les plafonds et les coupoles intérieures, qui sont souvent ornées de motifs en muqarnas (stalactites architecturales) du plus bel effet, que beaucoup de visiteurs pressés oublient de photographier.

Visiter Samarcande que voir, la mosquée Bibi-Khanoum
À quelques minutes à pied du Registan se dresse la mosquée Bibi-Khanoum élevée pour l’epouse favorite de Tamerlan. C’est l’une des plus grandes mosquées jamais construites en Asie centrale, à l’époque médiévale. Tamerlan voulait ériger ici, un monument à la hauteur de ses conquêtes en Inde, dont il revint chargé de butin, d’éléphants et d’artisans.
D’ailleurs, la légende raconte que l’architecte chargé de la construction tomba amoureux de l’épouse favorite de Tamerlan, Bibi-Khanoum. Il exigea un baiser d’elle en échange de l’achèvement rapide des travaux. Une histoire romanesque qui, vraie ou non, ajoute encore au mystère du lieu.



Enfin, construite trop vite et avec des matériaux qui n’ont pas résisté à l’épreuve du temps (et à un tremblement de terre), la mosquée s’est partiellement effondrée au fil des siècles avant d’être restaurée au XXe siècle. Vous pouvez y admirer un immense portail, des dômes côtelés et le gigantesque lutrin de marbre destiné à accueillir un Coran monumental, dans la cour intérieure.

Visiter le mausolée Gour Emir, tombeau de Tamerlan
Le Gour Emir (« tombeau du roi ») abrite les sépultures de Tamerlan lui-même, ainsi que de plusieurs membres de sa famille, dont Ulug Beg. Cet édifice est reconnaissable entre tous avec sa coupole côtelée bleu turquoise. D’ailleurs, ce mausolée est un modèle architectural qui a directement inspiré, plus tard, les grands monuments moghols en Inde, dont le Taj Mahal.



À l’intérieur, la tombe de Tamerlan est composée d’un bloc de jade noir-vert, autrefois le plus grand bloc de jade au monde. Il a été rapporté de Mongolie. Une légende locale affirme que quiconque ouvrirait sa tombe déclencherait une terrible malédiction. D’ailleurs, en 1941, des archéologues soviétiques l’ouvrirent malgré tout… cela deux jours avant l’invasion de la Russie par l’Allemagne nazie. Une coïncidence troublante qui alimente encore les récits des guides locaux.
Découvrir le mausolée Ak-Saray, le joyau méconnu
Moins visité que ses voisins, le mausolée Ak-Saray (« palais blanc ») mérite pourtant un détour. En effet, il a été construit à la fin du XVe siècle, et son intérieur richement décoré de motifs dorés et bleus, en fait l’une des coupoles les plus spectaculaires. Ce qui contraste avec une façade extérieure plus sobre. On y trouve les tombes de plusieurs descendants de Tamerlan. Sa taille modeste et sa fréquentation réduite en font une pause bienvenue après la démesure du Registan et du Gour Emir.

Samarcande que faire, visiter Chah-i-Zinda, l’allée des mausolées
Chah-i-Zinda (« le roi vivant ») est sans doute l’un des lieux les plus spirituel de Samarkand. Il s’agit d’une nécropole composée d’une longue allée de mausolées serrés les uns contre les autres. Ils ont été construits du XIe au XIXe siècle et les façades sont entièrement recouvertes de céramiques bleues, turquoise et cobalt aux motifs d’une finesse extraordinaire.
Le nom du site vient d’une légende, celle de Qusam ibn Abbas, cousin du prophète Mahomet, qui aurait apporté l’islam dans la région. Et, selon la tradition locale, il ne serait pas mort mais continuerait à vivre caché dans un puits sacré situé au bout de l’allée, d’où son surnom de « roi vivant ». Le site est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour de nombreux Ouzbeks.
En vous promenant dans cette allée, entre les dômes et les portails ouvragés, vous vivrez sans doute l’un des moments immersifs, les plus spirituels de votre séjour à Samarkand.
Ce qui rend Chah-i-Zinda si particulier, c’est aussi la diversité des époques et des styles que l’on y croise en quelques dizaines de mètres. Contrairement au Registan ou au Gour Emir, construits sur une période relativement courte, cette nécropole s’est enrichie au fil des siècles. Car ici, chaque dynastie ou chaque famille noble vient y ajouter son propre mausolée. On y observe ainsi l’évolution des techniques de céramique architecturale sur près de huit siècles : des motifs plus sobres et géométriques des débuts jusqu’aux compositions florales et calligraphiques les plus raffinées de l’époque timouride. De plus, certaines des tombes appartiennent à des nièces, sœurs ou nourrices de Tamerlan, ce qui témoigne de l’importance accordée aux femmes de la cour dans la société timouride, contrairement à une idée reçue parfois répandue.
Mais attention, ce site n’est pas qu’un musée à ciel ouvert mais un lieu de culte vivant !

La mosquée Khazret Khizr, la plus belle vue sur la ville
Perchée sur une petite colline face à la colline d’Afrasiab, la mosquée Khazret Khizr (ou Khoja Khizr) est dédiée à un saint musulman vénéré, protecteur des voyageurs, qui est souvent associé à l’eau et aux sources. Sa façade colorée, avec ses bandes de céramiques vertes, bleues et jaunes, est particulièrement belle.
Mais l’attrait principal du lieu tient surtout à son emplacement. En effet, depuis son parvis, on profite d’une vue dégagée sur la mosquée Bibi-Khanoum toute proche et sur les collines environnantes. C’est un excellent point de vue pour terminer une balade dans le quartier historique, notamment au coucher du soleil.

Visiter Samarcande que faire que voir, le bazar de Siob, une immersion dans la vie locale
Juste à côté de la mosquée Bibi-Khanoum, le bazar de Siob ou Siyob est le grand marché de Samarkand. Sous ses halles colorées et à ciel ouvert, on y trouve des montagnes de textiles, d’épices multicolores, des étals de fruits secs (abricots, raisins, figues), des noix, des herbes aromatiques, mais aussi le fameux pain rond ouzbek : le non, cuit au four traditionnel et vendu par piles impressionnantes.
C’est aussi l’endroit idéal pour goûter les spécialités locales : halva artisanal, fromages secs, miel, ou encore les fameux melons d’Ouzbékistan, réputés dans toute l’Asie centrale. Les marchands, habitués aux touristes, sont généralement souriants et n’hésitent pas à proposer des dégustations. Le marchandage y est courant, mais reste bon enfant : gardez le sourire et négociez avec respect.
Bon à savoir : le bazar de Siob est particulièrement vivant en fin de matinée. C’est aussi un excellent endroit pour acheter des souvenirs gourmands à ramener chez vous (fruits secs, épices, thé).

Samarkand que voir, visiter le musée de la colline d’Afrasiab
Avant même l’arrivée de Tamerlan, une première ville existait déjà sur ce site : Afrasiab, l’antique Samarkand, fondée il y a environ 2 700 ans et détruite par les troupes de Gengis Khan au XIIIe siècle. Aujourd’hui, il ne reste de cette cité qu’un vaste site archéologique en plein air, sous forme de collines et de buttes de terre où subsistent les traces des anciennes fortifications.
De plus, le musée Afrasiab, construit sur place, permet de mieux comprendre l’histoire de ce site. Sa pièce maîtresse est un ensemble exceptionnel de fresques murales datant du VIIe siècle, découvertes lors de fouilles archéologiques. Elles représentent des ambassades étrangères, des scènes de chasse et de cérémonie, qui témoignent des liens commerciaux et diplomatiques de la Samarkand pré-islamique avec la Chine, la Perse, et même l’Empire byzantin. Une plongée fascinante dans l’histoire méconnue de la ville avant l’ère timouride.

Visiter les autres musées de Samarcande
Au-delà du musée d’Afrasiab, plusieurs autres musées méritent une visite si vous avez un peu de temps :
- Le musée régional d’histoire et de culture de Samarkand, qui retrace l’histoire complète de la ville à travers les âges
- Le musée de la culture ouzbèke, dédié aux traditions, costumes et artisanats locaux
- La maison-musée consacrée à Ulug Beg, pour les passionnés d’astronomie et d’histoire des sciences
Ces musées, moins fréquentés que les grands monuments, offrent souvent un accueil plus intimiste et permettent d’approfondir sa compréhension du contexte historique de la ville.
Visiter l’observatoire d’Ulug Beg, quand Samarkand regardait les étoiles
À l’écart du centre historique, l’observatoire d’Ouloug Beg est un site à part. il est dédié à la mémoire de ce prince érudit, petit-fils de Tamerlan. Il régna sur Samarkand au XVe siècle et consacra une partie de sa vie à l’étude du ciel.
Construit dans les années 1420, l’observatoire Ulug Beg abritait un sextant géant de plus de 40 mètres de rayon et qui était enterré en partie dans le sol. Il permettait de mesurer avec une précision remarquable pour l’époque, la position des astres. D’ailleurs, grâce à cet instrument, Ulug Beg et son équipe d’astronomes ont établi des tables stellaires d’une justesse stupéfiante, en répertoriant plus d’un millier d’étoiles avec une marge d’erreur minime comparée aux mesures modernes.
Aujourd’hui, il ne reste que la base souterraine de ce sextant géant, mais le site, accompagné d’un petit musée, permet de mesurer l’incroyable avancée scientifique de Samarkand à cette époque. Ce qui est à contre-courant de l’image parfois réductrice que l’on peut avoir de l’Asie centrale médiévale.

Explorer les quartiers russes de Samarkand
En marge de la vieille ville timouride, Samarkand possède aussi un visage plus récent. Celui qui est hérité de la période impériale russe puis soviétique. Après la conquête russe de la région à la fin du XIXe siècle, de nouveaux quartiers ont été construits à côté de la cité historique. De larges avenues bordées d’arbres, des bâtiments d’architecture coloniale et des immeubles typiques de l’urbanisme soviétique forment ce quartier au Sud-Ouest du centre historique.
D’ailleurs, se promener dans ce quartier offre un contraste saisissant avec les ruelles de la vieille ville. De plus, c’est l’occasion de découvrir une autre facette de Samarkand, celle d’une ville multiculturelle qui a aussi été façonnée par la période soviétique, avec ses cafés, ses places publiques et son ambiance plus « occidentale » avec des universités et ses nombreux étudiants venus de toute l’Asie.

Visiter le village touristique de Konigil et la fabrication du papier de murier
À une petite dizaine de kilomètres du centre de Samarkand, le village de Konigil (aussi orthographié Koni Ghil) s’est fait une spécialité : la fabrication artisanale du papier selon une technique ancestrale utilisant l’écorce de mûrier. D’ailleurs, c’est celle qui faisait autrefois, la renommée de Samarkand sur toute la Route de la Soie.
Pour commencer la visite, un moulin à papier traditionnel, actionné par la force de l’eau, permet d’assister à toutes les étapes de fabrication : trempage de l’écorce, broyage, pressage et séchage des feuilles. C’est une activité familiale, qui est particulièrement appréciée si vous voyagez avec des enfants. Et c’est aussi l’occasion d’acheter du papier ou des carnets artisanaux en souvenir.
L‘accès au site est payant, et vous découvrirez un village d’artisans le long de canaux, avec une petite mise en scène « ethnographique » : yourtes et artisanat local, dans un cadre agréable en bord de rivière. Je vous recommande de réserver la visite de ce site bucolique qui est un moment de détente lors de votre séjour à Samarcande.

Les meilleures excursions aux alentours de Samarcande que faire que voir
Samarkand est aussi un excellent point de départ pour explorer les environs, entre montagnes, désert et villes historiques. Voici les excursions les plus incontournables.
Ouzbekistan, que faire, le lac Aydarkul avec une nuit en yourte
L’une des excursions les plus prisées depuis Samarkand est le lac Aydarkul, en plein cœur du désert du Kyzylkoum. Ce lac artificiel, formé au XIXe siècle suite à des travaux d’irrigation soviétiques sur le Syr-Daria, s’étend aujourd’hui sur plusieurs centaines de kilomètres carrés (alors que la mer d’Aral s’assèche). D’ailleurs, il offre un décor surprenant de dunes de sable et d’eau turquoise.
L’expérience incontournable ici, est la nuit en camp de yourtes, dans un cadre isolé en plein désert. Au programme généralement : balade à dos de chameau au coucher du soleil, repas traditionnel préparé sur place, veillée autour du feu avec chants et musique locale, puis nuit sous la yourte, bercée par le silence du désert. Une immersion totale dans le mode de vie nomade traditionnel d’Asie centrale. C’est l’un des souvenirs les plus marquants d’un voyage en Ouzbékistan. Je vous recommande cette excursion de 2 jours au lac Aydarkul et du campement de yourtes.

Que faire autour de Samarcande, les montagnes du Nouratau
À environ deux à trois heures de route au nord de Samarkand, les montagnes du Nouratau offrent un tout autre visage de l’Ouzbékistan : celui de la nature et des traditions rurales. Cette région montagneuse, parsemée de villages traditionnels, est idéale pour la randonnée et les rencontres authentiques avec les habitants.
D’ailleurs, de nombreux voyageurs choisissent d’y passer une nuit chez l’habitant, dans des maisons en pisé où l’hospitalité ouzbèke se vit pleinement, avec des repas partagés en famille, thé sans fin. C’est aussi l’occasion d’observer une faune particulière et une flore, même si les paysages paraissent très arides au premier abord.
Je vous recommande de réserver cette excursion de 3 jours au camp de yourte avec randonnée à Nurata. Car même si les montagnes sont moins spectaculaires sur le plan architectural que la visite de Samarkand, le Nouratau séduit surtout par la rencontre avec un mode de vie rural resté relativement préservé du tourisme de masse, à l’inverse des grandes cités historiques du pays.

Boukhara, l’autre grande cité de la Route de la Soie
Impossible d’évoquer les excursions autour de Samarkand sans mentionner Boukhara, à environ trois heures de route ou un peu plus d’une heure en train rapide. Si Boukhara mérite à elle seule plusieurs jours de visite, il est tout à fait possible de l’inclure dans un itinéraire au départ de Samarkand, pour une excursion à la journée.
Vieille ville entièrement classée à l’UNESCO, Boukhara séduit par son atmosphère plus intimiste que Samarkand, avec ses medersas, son kalyan (minaret emblématique), ses bassins historiques (les fameux « lyabi-khaouz ») bordés de mûriers centenaires, et son immense forteresse, l’Ark. Une étape essentielle pour prolonger la découverte de la Route de la Soie ouzbèke. Je vous conseille de réserver directement une excursion à la journée en train rapide pour Boukhara.

Visiter Samarcande que faire, Chakhrisabz, la ville natale de Tamerlan
À environ deux heures de route au sud de Samarkand, en franchissant la chaîne de montagnes du Zerafshan, se trouve Chakhrisabz, la ville natale de Tamerlan et berceau de la dynastie timouride. C’est ici que le conquérant fit construire son palais d’été, l’Ak-Saray (« palais blanc », à ne pas confondre avec le mausolée du même nom à Samarkand), dont il ne subsiste aujourd’hui que l’entrée monumentale, mais dont la hauteur impressionnante donne une idée de la démesure du projet initial.
Chakhrisabz, elle aussi classée à l’UNESCO, abrite plusieurs autres monuments intéressants, dans une ambiance plus paisible et moins fréquentée que Samarkand. Réservez directement une excursion à Chakhrisabz pour la journée, destinée aux amateurs d’histoire timouride.
Bazar d’Ourgout, l’authenticité rurale
Moins connue des circuits touristiques classiques, la petite ville d’Ourgout, à environ 45 minutes au sud de Samarkand au pied des montagnes, mérite le détour pour son marché local particulièrement vivant et authentique. C’est l’un des plus grands et des moins touristiques de toute la région. On y croise surtout des habitants venus faire leurs courses, loin de l’ambiance parfois plus « mise en scène » du bazar de Siob.
C’est aussi un bon point de départ pour rejoindre les contreforts des montagnes environnantes et découvrir des villages traditionnels encore préservés. Je vous conseille une excursion au bazar d’Urgut, Chor Chinor, et découverte des montagnes.
Les sept lacs du Tadjikistan (Haft Kul)
Pour les voyageurs les plus aventureux, une excursion vers les sept lacs du Tadjikistan, aussi appelés Haft Kul, dans la région montagneuse de Penjikent, constitue une expérience hors du commun. Nichés dans la chaîne du Fann, ces sept lacs d’altitude, chacun d’une couleur différente allant du turquoise au vert émeraude, offrent des panoramas à couper le souffle. Je vous recommande de réserver en avance une excursion à la journée de la balade des 7 lacs du Tadjikistan.
De plus, cette excursion implique un franchissement de la frontière ouzbéko-tadjike généralement organisée depuis Samarkand. Vous pouvez compléter cette excursion aux Sept Lacs, avec la visite de Penjakent au départ de Samarkand avec déjeuner. En effet, Penjikent, ville tadjike toute proche possède elle-même un riche patrimoine archéologique lié à l’ancienne Sogdiane.
Excursion d’une journée au parc national de Zaamin (ou Zomin)
Enfin, depuis Samarkand, une excursion d’une journée permet de rejoindre le parc national de Zaamin (ou Zomin), niché dans les montagnes du Turkestan, où forêts de genévriers et panoramas grandioses offrent un dépaysement total. Le fameux pont de verre suspendu, accroché à flanc de montagne, ajoute une touche spectaculaire et vertigineuse à la visite, idéale pour les amateurs de nature et de sensations fortes. Je vous recommande de réserver directement l’excursion d’une journée au parc national de Zaamin (ou Zomin).
Conseils pratiques et astuces pour un voyage à Samarkand en Ouzbekistan
Quelques recommandations supplémentaires pour profiter au mieux de votre séjour à Samarkand
Que manger à Samarkand
L’Ouzbékistan, et Samarkand en particulier, est un vrai paradis pour les gourmands :
- Le plov, plat national à base de riz, de carottes et de viande (agneau ou bœuf), souvent préparé dans d’immenses chaudrons
- Le non, pain traditionnel rond, cuit au four en argile (tandir)
- Les samsa, chaussons feuilletés fourrés à la viande ou aux légumes
- Le lagman, plat de nouilles préparées à la main, servi en soupe ou sauté
- Les fruits secs et frais : melons, raisins, abricots, grenades selon la saison
- Le thé vert, servi partout et à toute heure, véritable institution locale
Le bazar de Siob reste l’endroit idéal pour goûter à la plupart de ces spécialités dans une ambiance conviviale et authentique.
De plus, certains établissements de Samarkand proposent même d’assister à la préparation du plov dans d’immenses chaudrons pouvant nourrir plusieurs centaines de convives, un immersion culinaire à part entière. Enfin, je vous recommande de réserver un cours de cuisine authentique et visite du village autour de Samarcand.
Visiter Samarcande FAQ : toutes vos questions
Samarkand ou Boukhara, laquelle privilégier ?
Les deux villes sont complémentaires et n’ont pas le même style. Samarkand séduit par la démesure et la richesse de ses monuments timourides (Registan en tête), tandis que Boukhara séduit par son atmosphère plus intime et sa vieille ville entièrement préservée. Si votre temps est limité, sachez que les deux villes ne se ressemblent pas et méritent chacune une visite. Alors, dans l’idéal, prévoyez les deux dans votre itinéraire.
Le Registan se visite-t-il en une seule fois ?
Un seul billet donne accès aux trois médersas du Registan. Comptez au moins 2h pour une visite complète. Il est toutefois recommandé d’y retourner à un autre moment de la journée (notamment au coucher du soleil) pour profiter d’une lumière différente sur les monuments.

Peut-on visiter Samarcande sans guide ?
Oui, tout à fait : les principaux sites sont facilement accessibles à pied et disposent souvent de panneaux explicatifs. Cependant, faire appel à un guide local, au moins pour une partie de la visite, permet d’approfondir considérablement la compréhension de l’histoire et des légendes qui entourent chaque monument.
Faut-il un visa pour se rendre en Ouzbékistan ?
De nombreuses nationalités, dont les citoyens français, belges, suisses et canadiens, bénéficient d’une exemption de visa pour des séjours de 30 jours. Les conditions évoluant régulièrement, il est recommandé de vérifier les informations à jour auprès de l’ambassade d’Ouzbékistan ou d’un site officiel avant de partir.
Faut-il un visa spécifique pour l’excursion aux sept lacs du Tadjikistan ?
Oui, cette excursion implique de franchir la frontière ouzbéko-tadjike, ce qui nécessite un visa ou une autorisation d’entrée au Tadjikistan selon votre nationalité. Pour les citoyens français, belges, suisses et canadiens, ils bénéficient d’une exemption de visa pour des séjours de 30 jours.
Quel budget prévoir pour visiter Samarkand ?
L’Ouzbékistan reste une destination globalement abordable pour les voyageurs occidentaux. Les entrées des sites (Registan, Chah-i-Zinda, Gour Emir, etc.) restent peu coûteuses, tout comme l’hébergement et la restauration locale. Les excursions organisées (Nouratau, lac Aïdarkoul, sept lacs du Tadjikistan) représentent le poste de budget le plus important, mais restent raisonnables comparées à des excursions similaires dans d’autres régions du monde.
Voyager en Ouzbekistan, prévoir une assurance voyage adaptée.
Comme pour toute destination impliquant des activités de randonnée en altitude ou des excursions dans des zones reculées, il est vivement recommandé de souscrire une assurance voyage couvrant les frais médicaux et le rapatriement, les infrastructures de santé pouvant être limitées en dehors du centre-ville.
Visiter Samarkand une destination incontournable en Asie Centrale
Samarkand n’est pas une simple étape sur la Route de la Soie : c’est une destination à part entière, capable à elle seule de justifier un voyage en Ouzbékistan. Car, entre la démesure du Registan, l’émotion de Chah-i-Zinda, l’héritage scientifique d’Ulug Beg et l’authenticité des excursions vers le Nouratau ou le désert du Kyzylkoum, la ville de Tamerlan offre une variété d’expériences rares pour une destination encore relativement épargnée par le tourisme de masse.
Alors, que vous veniez pour l’architecture, l’histoire, la gastronomie ou simplement pour l’aventure, Samarkand a de fortes chances de rester l’un des souvenirs de voyage les plus marquants de votre vie. Alors, prêts à partir sur les traces de Tamerlan ?
Vous préparez un voyage en Ouzbékistan et avez des questions sur Samarkand ou sur les excursions présentées dans cet article ? N’hésitez pas à me laisser un commentaire, je me ferai un plaisir d’y répondre !

Partir en voyage en Ouzbekistan et continuer son séjour en Asie Centrale
N’hésitez pas à consulter nos articles sur l’Asie Centrale pour plus de détails sur la destination :
- Découvrir Arc, la forteresse de Boukhara
- Visiter Khiva, une ville musée dans le désert
- Explorer le désert de la mer d’Aral et Noukous aux confins du pays
- Découvrir l’Asie Centrale et visiter Almaty au Kazakhstan
- Kirghizistan visiter Bichkek que faire que voir en voyage
Merci pour la lecture de mon article de blog ! Texte et photos ©COQ Catherine
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